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Nicolas Sarkozy met fin à la pub après 20 heures

| Jeudi 26 Juin 2008

Mercredi 25 juin, le président de la République Nicolas Sarkozy a annoncé, à l'occasion de la remise du rapport de la commission Copé sur l'audiovisuel public, la fin de la publicité à partir de 20 heures, et ce dès le 1er janvier 2009, alors que le rapport préconisait cette suppression pour le 1er septembre de la même année.



Nicolas Sarkozy met fin à la pub après 20 heures
La commission sur l'audiovisuel public présidée par le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale Jean-François Copé a rendu au président Sarkozy son rapport final hier mercredi 25 juin. Le chef de l'Etat y a, lors d'un discours à l'Elysée, immédiatement apporté ses modifications.

Ainsi, à compter du 1er janvier 2009 au lieu du 1er septembre de la même année comme le souhaitaient les conclusions du rapport, la publicité à la télévision publique prendra fin à 20 heures. La première partie de soirée télévisée devrait donc à compter de cette date, débuter à 20h30 au lieu de 21h00 actuellement.

Pour financer cette réforme, ce sont les fournisseurs d'accès internet et les opérateurs télécoms qui seront mis à contribution. Une perspective qui ne les réjouit guère.

"La gauche en rêvait, Sarkozy l'a fait. Ce principe simple, financement public (redevance et taxe) pour les chaînes publiques, financement privé (publicité) pour les chaînes privées, n'est ni de droite ni de gauche. C'est une règle de bon sens", écrit ce jeudi Etienne Mougeotte dans le quotidien Le Figaro, un des seuls organe de presse à se réjouir de cette réforme, alors que la presse en général critique vivement ce qu'elle qualifie de "retour à l'ORTF".

"L'hyperprésident place le secteur public sous son contrôle politique direct. La France avait mis des décennies à se dégager imparfaitement d'une sujétion archaïque. Elle y revient d'un seul geste (...) Nous vivons une formidable régression", écrit pour sa part Laurent Joffrin dans Libération de ce jeudi.

Par ailleurs, et alors que la commission Copé demandait la fin définitive de la publicité dans l'audiovisuel public au début 2012, Nicolas Sarkozy l'a annoncée pour le 1er décembre 2011. "Je me dis attention, si on attend septembre 2009, c'est encore un an où le téléspectateur aura entendu dire qu'il allait se passer des choses et que ça allait changer et où il ne se passera rien", s'est justifié le président.

Afin de combler les 450 millions d'euros de recettes publicitaires annuelles, les opérateurs téléphoniques et les fournisseurs d'accès internet verront leurs chiffres d'affaires taxé à hauteur de 0,9%. Ceux-ci estiment qu'ils "seront inéluctablement amenés à reporter tout ou partie de cette taxe sur la facture de leurs clients".

Mais la proposition présidentielle qui fait le plus de bruit est celle qui consiste à faire nommer le président du groupe France Télévisions, non plus par le Conseil supérieur de l'audiovisuel, mais par le gouvernement, sauf si une majorité de parlementaires s'y opposent.

Pour les députés socialistes qui ont au début du mois mis fin à leur participation à la commission Copé, le président "porte un coup grave à l'indépendance des médias". "Plus que jamais, la réforme prétendument historique de l'audiovisuel public n'est là que pour masquer les multiples cadeaux faits récemment aux chaînes privées. Plus que jamais, TF1 l'a rêvé et Sarkozy l'a fait !", ont encore ajouté les députés dans un communiqué.

L'intersyndicale de France Télévisions a quant à elle déclaré ce jeudi, par la voix de Jean-François Téaldi, membre de l'intersyndicale, qu'elle était "encore plus en colère" après le discours du président, "à cause d'un détricotage des mesures proposées par Copé, qu'on soit d'accord ou pas d'accord (avec elles)".

"A l'instant T, on ne sait plus sur quel pied danser. Toutes les mesures préconisées, tous les chiffres avancés sont remis en cause par Sarkozy. On ne sait plus où on va. France Télévisions va avoir encore plus de mal que ce qu'on croyait à boucler la fin de l'année 2008, pour 2009 et la suite, rien n'est assuré", a encore déclaré M. Téaldi.





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