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Nicolas Sarkozy: 'Je propose la monétisation des RTT'

| Vendredi 30 Novembre 2007

Hier soir sur France2 et TF1, le président de la République Nicolas Sarkozy a tenu un discours, très attendu, sur le pouvoir d’achat proposant notamment la "monétisation des RTT" et les violences urbaines de ces derniers jours.



Nicolas Sarkozy
Nicolas Sarkozy

Travailler plus pour gagner plus

Durant prés d’une heure, le président de la République a été interviewé dans son bureau de l'Elysée, notamment sur le pouvoir d’achat.

Il a répété son leitmotiv de campagne présidentielle: "la seule façon de répondre à cette question, c'est de permettre aux gens de travailler plus et de gagner plus", a-t-il déclaré, soulignant qu'il "n'y pas d'argent" dans les caisses publiques.

M. Sarkozy a ainsi proposé la "monétisation des RTT", que les salariés et les fonctionnaires pourraient se faire payer après accord avec l'employeur.

"Je propose la monétisation des RTT, c'est-à-dire que tous les salariés qui se mettent d'accord avec le chef d'entreprise puissent transformer les jours de RTT en argent. Ça représente 5 milliards de pouvoir d'achat en plus", a-t-il déclaré.

Il a aussi indiqué qu'il voulait élargir les possibilités de travailler le dimanche, à condition que les salariés soient "payés le double" et sur la base du "volontariat".


Des loyers sur l’indice des prix

Le chef de l’Etat s’est également prononcé pour une indexation des loyers sur "l'indice des prix" et non sur l'indice des prix à la construction, même si une telle évolution a déjà largement été engagée par une loi de 2005 sur le développement des services à la personne.

Il a également demandé l'ouverture de négociation pour que la garantie demandée aux locataires soit portée à un mois de loyer, et qu'un système de "mutualisation publique" permette de remplacer le système de caution du locataire.

Plus largement, le président de la République a proposé aux partenaires sociaux de tenir une conférence sur l'agenda social de 2008 à la mi-décembre. Il s'agira notamment discuter de la "sécurisation des parcours professionnels", pour "donner davantage de flexibilité aux entreprises" et "en même temps davantage de garanties aux salariés".

Il a annoncé la vente de 3% du capital d'EDF pour "un plan d'investissement" de 5 milliards dans les universités françaises, permettant l'amélioration des locaux dans l'enseignement supérieur et la création de logements dans les cités universitaires.

La République ne cédera pas

Concernant les violences qui ont secoué le Val d'Oise suite au décès de deux adolescents dans une collision avec une voiture de police, M. Sarkozy a affirmé que "la République ne cédera pas un pouce de terrain".

Il a promis que la justice retrouverait "un par un" les gens qui ont tiré sur les policiers, et qu'ils seraient traduits "en cour d'assises".

Récusant l'idée d'un sentiment de "haine" contre la police dans les quartiers, M. Sarkozy a soutenu que les émeutiers étaient "des voyous déstructurés, prêts à tout", "des trafiquants".
"Quand on veut expliquer l'inexplicable, c'est qu'on s'apprête à excuser l'inexcusable", a-t-il encore estimé.

Pour le reste, "il y a le malaise social, il y a une immigration qui pendant des années n'a pas été maîtrisée, des ghettos qui ont été créés des personnes qui ne se sont pas intégrées", a-t-il ajouté.

C’était pas mal

"Qu'il ait pour une fois évité de faire le père Noël, c'est plutôt un progrès", déclare le président du MoDem François Bayrou dans un entretien publié par Le Parisien.

"C'était pas mal. Un peu répétitif parfois: on commence à avoir l'impression d'avoir cent fois entendu les mêmes phrases", poursuit-il.

"Sur le fond, sur la question du pouvoir d'achat, je trouve ses deux ou trois propositions principales convenables. " estime le centriste.

Pour le premier secrétaire du PS François Hollande "on attendait des annonces et on a eu des répétitions, des redites, de nouveau le thème du travailler plus pour gagner plus".

"Ceux qui pouvaient espérer un euro de plus, soit pour consommer, soit pour épargner, soit pour investir (...) ils n'auront eu rien de concret, rien d'immédiat", a-t-il dit sur France 3.

"Les caisses de l'Etat sont vides, mais qui a dépensé 15 milliards d'euros (...), a donné sept milliards de cadeaux fiscaux aux plus favorisés ?," s'est-il interrogé.

"La cigale ayant passé tout l'été à chanter, la fourmi revient et vous dit il n'y a plus rien", a-t-il ironisé.

François Hollande a toutefois relevé que les mesures envisagées sur le logement étaient de bonnes idées, avancées d'ailleurs a-t-il dit par les socialistes.





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