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Société

Naturalisations : les étrangers soumis à « Questions pour un champion »

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Lundi 6 Février 2012

Les candidats à la nationalité française devront passer un test de culture générale dès juillet 2012. Une nouvelle invention signée Claude Guéant, qui ne cesse de durcir les conditions d’accès à la naturalisation.



Naturalisations : les étrangers soumis à « Questions pour un champion »
Savez-vous de quand date l’abolition de l’esclavage en France ? Quand a été inaugurée la Grande Mosquée de Paris ? Où se trouve le siège du Parlement européen ? Qui est l’auteur des Trois Mousquetaires ? Quand s’est déroulée la guerre de Cent Ans ? A qui associez-vous l’Arc de Triomphe ? Qui était Auguste Rodin ?

Voilà les questions-types dignes de l'émission « Questions pour un champion » auxquelles seront soumis les candidats à la naturalisation dès le 1er juillet prochain. Les réponses seront certes suggérées au travers d’un QCM [à découvrir plus bas], où chaque question est assortie de trois possibilités. Mais pas sûr que grand monde sache répondre du tac-au-tac. A moins de faire du bachotage avant l’entretien à la préfecture grâce au bouquin La Culture générale pour les nuls !

Histoire, géographie, littérature, célébrités… Pour devenir Français, mieux vaut désormais avoir de la culture générale. Mais la culture, c’est comme la confiture : moins on en a, plus on étale… Les immigrés qui n’auront pas réussi à obtenir 7 bonnes réponses sur 12 se verront refuser tout bonnement la nationalité. Ceux qui tiennent à l’obtenir n’auront qu’à recommencer le test, assure-t-on dans l’entourage de Claude Guéant.

Car c’est bien au ministre de l’Intérieur à qui l’on doit ce test de culture générale, fixé mardi 31 janvier par un décret « relatif au niveau et à l'évaluation de la connaissance de l'histoire, de la culture et de la société française requis des postulants à la nationalité française ». Selon le texte officiel, le niveau du test correspond au « niveau de connaissance attendu, dans ces matières, d'un élève de fin de primaire ». Or il s’avère nettement plus difficile dans les faits pour les Français adultes. Sauf que ces derniers ne seront jamais interrogés et ne se verront jamais déchoir de leur nationalité.

L’intégration par la culture générale, une aberration

Des tests ont été réalisés auprès de 2 000 candidats à la nationalité, via 60 questions. Ils obtenaient en moyenne 70 à 80 % de bonnes réponses. Les questions, élaborées par un groupe d'historiens et d'experts, seront régulièrement renouvelées pour éviter que les candidats n’apprennent les réponses par cœur.

« Concernant l'Histoire de France, il s'agit non pas de poser des questions supposant un savoir encyclopédique, mais de s'assurer que les personnes désirant devenir françaises disposent d'une culture suffisante pour se sentir familières des éléments fondateurs de notre mémoire collective. Ainsi, il ne sera pas posé de questions sur les dates », précise-t-on au ministère de l'Intérieur.

Qu'on sache que la devise de la République est : « Liberté, Egalité, Fraternité », soit ! Bien que celle-ci soit quelque peu mise à mal par les derniers débats sur la laïcité et l'immigration... Mais que rapporte dans leur vie quotidienne de savoir que Brigitte Bardot est la créatrice d'une maison de couture une actrice, que Michel Platini est connu pour avoir joué aux échecs au football ou que le point culminant en France est le Kilimandjaro mont Blanc ?

L’argument choc pour nous faire avaler cette nouvelle obligation est bien l’intégration. Si la connaissance de la langue française, dont le niveau a été récemment relevé, est un prérequis qui fait l’unanimité pour permettre une intégration réussie de l’immigration, il n’en va pas de même pour la culture générale, dont l’échec constituerait une humiliation supplémentaire pour les étrangers. Claude Guéant révèle depuis plusieurs mois au grand jour ses méthodes pour freiner l’immigration légale et l’acquisition de la nationalité, en durcissant les critères.

Dans les rangs de la gauche, les critiques fusent. « Ce n'est pas digne de la tradition française. La France, c'est autre chose qu'un questionnaire. C'est l'adhésion à des valeurs. Cela ne se limite pas à quelques questions de culture générale. La France, ce n'est pas un trivial pursuit », a réagit Guillaume Garot, le député PS de la Mayenne. Reste à savoir si le PS saura revenir sur ce critère s'il accède à l'Elysée.


Pour en savoir plus sur les questions-type, cliquez ici







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