La situation qui règne en France à la suite de la votation suisse interdisant la construction des minarets a quelque chose de surréaliste. Cette première moitié du mois de décembre 2009 a vu la France – et, avec elle, tout le continent européen – plongé dans une espèce de psychose collective, où la peur de l’islam et le danger de la présence des musulmans en Europe ont dominé toutes les discussions.
Exit la grippe A, la crise économique, la montée du chômage ou les réformes de l’éducation. Seul peut-être le Sommet international sur l’avenir du climat à Copenhague a pu tirer son épingle du jeu.
A part ça, l’espace médiatique a été archi dominé par la controverse dont les médias raffolent et que l’extrême droite européenne a malheureusement réussi à placer au cœur du débat européen : le spectre de la présence de plus en plus visible de dizaines de millions de musulmans sur le continent.
Le vote suisse représente un tournant dans la façon dont l’Europe s’apprête à gérer l’avenir de l’islam et de ses musulmans sur son territoire. En effet, il ne faudrait surtout pas sous-estimer la portée continentale du référendum suisse ainsi que ses retombées inquiétantes. Depuis le dimanche 29 novembre 2009, toute une parole populiste et xénophobe s’est libérée faisant craindre des lendemains difficiles pour les millions de citoyens européens de confession musulmane.
De la Belgique à la France en passant par l’Espagne, l’Italie et jusqu’aux Pays-Bas, c’est le même climat délétère qui prospère. L’hostilité à la deuxième religion européenne progresse et il y a fort à parier que ce lourd climat risque de se renforcer dangereusement.