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Politique

Municipales : à Hénin-Beaumont, le front républicain l'a remporté contre le FN

Élections

Rédigé par Leila Belghiti | Lundi 6 Juillet 2009

Campagne serrée pour un résultat qui l'est tout autant. Daniel Duquenne, tête de liste de l'Alliance républicaine (divers gauche), a remporté dimanche 5 juillet le second tour de l'élection d'Hénin-Beaumont (Région Nord-Pas-de-Calais), avec 52,38 % des voix, contre 47,62 % pour le Front national, représenté par Steve Briois et Marine Le Pen.



5 juillet : Daniel Duquenne (Alliance républicaine, divers gauche) devient le nouveau maire d'Hénin-Beaumont, battant le Front national à quelque 500 voix d'écart seulement.
5 juillet : Daniel Duquenne (Alliance républicaine, divers gauche) devient le nouveau maire d'Hénin-Beaumont, battant le Front national à quelque 500 voix d'écart seulement.
Les urnes ont parlé : Hénin-Beaumont reste à gauche. Du moins jusqu'aux prochaines municipales. Avec un écart de 550 voix pour une participation de 62,38 % au second tour, ces élections se sont avérées un véritable test pour une gauche éclatée.

Au premier tour, Daniel Duquenne n'avait rassemblé que 20,19 % des voix derrière un Front national (FN) largement en tête, mais la gauche dans son ensemble était majoritaire. Pierre Ferrari, candidat du Parti socialiste (PS), arrivé en troisième position lors du premier tour, a retiré sa candidature afin de ne pas provoquer de triangulaire. Avec, notamment, le soutien de l'UMP (Union pour un mouvement populaire) et le ralliement des partis de gauche (Verts, etc.) – sans conditions –, le pari, de taille, est gagné.

Durant la campagne, de nombreuses personnalités ont appelé à constituer un front républicain face à la percée du Front national. L'humoriste et réalisateur ch'ti Dany Boon avait ainsi estimé, vendredi, que « quelles que soient [les] colères et [les] frustrations, rien ne justifiera jamais de voter pour un parti d'extrême droite ».

Aussitôt après l'annonce des résultats, dimanche soir, SOS Racisme réagit dans un communiqué : « Malgré la tentative de Steve Briois de jouer le "local de l’étape" et celle de Marine Le Pen de donner une image "lisse" du Front national, les électeurs d’Hénin-Beaumont [...] ont su voir derrière ce tandem l’ombre d’un parti qui reste viscéralement raciste. »

Soulagement pour la gauche

Côté socialiste, c'est un grand « ouf ! » de soulagement qui se fait entendre. La première secrétaire du PS et maire de Lille, Martine Aubry, a salué les Héninois qui, « malgré les grandes difficultés financières et sociales de leur ville, ont fait le choix de Daniel Duquenne pour porter l’espoir et l’avenir d’Hénin-Beaumont ».

« J'entends aussi l'exaspération et la colère qui se sont exprimées lors de cette élection. [...] En tant qu’élue du Nord-Pas-de-Calais, avec la Région et le département, je mettrai toute mon énergie à accompagner la nouvelle équipe qui mobilisera les atouts d’Hénin-Beaumont pour redonner un avenir à cette ville et une qualité de vie à ses habitants », conclut la socialiste.

Recours du FN au tribunal administratif

Hénin-Beaumont, futur bastion du FN ? Lui qui comptait profiter de l'éclatement de la gauche, Steve Briois ne se dit pas pour autant battu. Avec 1 000 voix de plus qu'au premier tour , il estime que « la prochaine fois sera la bonne ».

Bruno Gollnisch, vice-président du FN, déclare dans un communiqué que même si « la bataille » ne s'est pas conclue par une « victoire de la liste conduite par Steve Briois et Marine Le Pen, elle a été et demeure [...], pour l’ensemble du Front national, un très grand succès et un succès mérité ».

Malgré tout frustré, le parti entend bien jouer ses dernières cartes : il a l'intention de déposer une plainte auprès du tribunal administratif, dénonçant des pressions du parti de Daniel Duquenne sur les électeurs, à travers des tracts où serait expliqué qu'une mairie FN se verrait refuser des subventions par le conseil régional et le conseil général.



Un terrain semé d'embûches pour le nouveau maire

Daniel Duquenne aura bien du pain sur la planche. Cette ancienne ville minière de 26 000 habitants, frappée par le chômage (19 %), l'est aussi par le scandale : la ville a dû organiser de nouvelles élections après la révocation du maire PS Gérard Dalongeville, écroué pour détournement de fonds publics, faux en écriture et favoritisme. Une sombre affaire, dont se serait bien passé son parti.

En sortant saluer des partisans devant la salle des fêtes, le futur maire d'Hénin-Beaumont a par ailleurs été visé par une grenade lacrymogène. Des policiers ont été déployés en nombre pour prévenir les affrontements.

« Hénin a choisi le camp de la vérité, de la loyauté et la réconciliation avec notre histoire. Je serai le maire de tous et je tiendrai tous mes engagements. Une page est tournée », a déclaré le futur maire, Daniel Duquenne. Les Héninois ont, semble-t-il, voulu donner par leur vote une seconde chance à la gauche.
« Duquenne, au boulot ! », scandaient ses partisans, à l'annonce de sa victoire.




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