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Mosquée rouge: situation toujours tendue

| Jeudi 5 Juillet 2007

La situation est toujours tendue aux abords de la mosquée Rouge d'Islamabad, au Pakistan où de fortes explosions ont été entendues ce jeudi. Depuis mardi, seize personnes ont été tuées. Ces violences surviennent après des mois de tension autour de la mosquée Rouge dont les chefs religieux n'ont cessé de défier l'autorité du président pakistanais, Pervez Musharraf.



Explosions en guise de coups de semonce

Aux premières heures de jeudi, de fortes explosions ont été entendues dans les parages de la Mosquée rouge d'Islamabad, assiégée par les forces de sécurité pakistanaises.

"Il s'agit d'explosions en guise de coups de semonce. Nous ne sommes pas entrés dans la mosquée", a déclaré un responsable de la sécurité pakistanaise, sous le sceau de l'anonymat.

Les huit explosions, à un intervalle de quelques minutes, ont été suivies par des tirs et le tout a pris fin au bout d'une vingtaine de minutes, peu avant le lever du soleil.

Elles ont été suivies également d'un appel lancé par haut-parleurs par les forces de sécurité, invitant les étudiants à se rendre, a rapporté un témoin.

"Toutes les personnes présentes à l'intérieur de la mosquée doivent se rendre, faute de quoi elles seront tenues responsables des pertes", ont-elles déclaré, selon un témoin vivant dans le quartier.

Selon le responsable de la sécurité, une partie d'un mur de l'immense complexe de la mosquée s'est effondré sous l'effet d'une des explosions et les forces de sécurité ont également tiré des gaz lacrymogènes.

Plusieurs centaines d'étudiants en religion défient l'ordre du gouvernement de se rendre et sont toujours retranchés à l'intérieur du Lal Masjid (Mosquée rouge). Mais environ 1.200 autres étudiants ont accepté l'offre du gouvernement de pouvoir sortir sans être inquiétés et de toucher chacun 5.000 roupies (85 dollars).

Caché sous une burqa

Des centaines de policiers et de soldats, soutenus par des véhicules blindés et ayant reçu l'ordre de tirer à vue sur tout homme armé qui résisterait, ont bouclé la mosquée et imposé un couvre-feu d'une durée indéterminée dans le quartier, après les affrontements de mardi.

Mercredi, le chef religieux de la Mosquée rouge, Abdul Aziz, a été appréhendé alors qu'il tentait de prendre la fuite caché sous une "burqa" de femme.

Aziz dirige la mosquée avec son frère, Abdul Rashid Ghazi, qui se trouve toujours à l'intérieur. Des dignitaires religieux sont en pourparlers avec lui, actuellement, pour le convaincre de se rendre, a déclaré un haut responsable gouvernemental.

Seize personnes ont été tuées dans des violences qui ont éclaté mardi autour de cette mosquée.

Des mois de tension

Ces violences surviennent après des mois de tension autour de la mosquée Rouge dont les chefs religieux n'ont cessé de défier l'autorité du président pakistanais, Pervez Musharraf.

Selon le site Internet de RFI, certaines voix commencent à se lever, soupçonnant Pervez Musharraf de chercher délibérément l’affrontement avec les radicaux et de tirer politiquement profit des violences autours de la Mosquée rouge. Un ancien agent des services secrets a ainsi déclaré que l’action gouvernementale contre les frères radicaux de la Mosquée rouge et leurs fidèles servait uniquement à manipuler et contrôler le pouvoir : « Musharraf veut créer assez de troubles pour imposer l’état d’urgence afin de repousser les prochaines élections. Parce qu’il a besoin du soutien des Américains, le régime veut montrer aux Occidentaux que le danger islamiste est présent et qu’il faut continuer à soutenir Musharraf ».

Les Etats-Unis et l’Europe, quant à eux, observent avec une inquiétude croissante la crise que traverse leur principal « allié » de la région dans la lutte contre le terrorisme.




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