"A partir de maintenant, il nous est possible en tant que catholiques d'employer le terme 'Allah' en remplacement du terme 'God', le terme arabe étant plus joli et permettant davantage un rapprochement entre les religions". Ainsi s'exprimait Monseigneur Muskens, évêque de la ville hollandaise de Breda, lundi 13 août 2007 sur la deuxième chaîne des Pays-Bas, prenant ainsi tout le monde de court et créant à nouveau la polémique. "Dieu se moque du nom que nous lui donnons. Nous nous inquiétons de savoir ce qu’il en penserait, s’il considérerait cela comme un blasphème. Certainement pas. C’est quelque chose que nous avons inventé pour pouvoir nous quereller" a ajouté le prélat, qui n'en est pas à son coup d'essai.
Agé de 71 ans, Monseigneur Muskens, qui a annoncé récemment son départ anticipé pour des raisons de santé, a déjà par le passé jeté plusieurs pavés dans la mare, en estimant publiquement que celui qui avait faim pouvait voler du pain, en s'opposant au Vatican en défendant l'usage du préservatif pour lutter contre le virus du SIDA, ou encore en se prononçant pour le mariage des prêtres.
Mgr Muskens a par ailleurs expliqué que durant les huits années qu'il a passé en Indonésie, dans les églises indonésiennes, c'était le terme "Allah" qui était employé pour désigner Dieu. " Si moi-même durant huit ans, et avant moi des prêtres depuis vingt ou trente ans, avons répété durant nos prières dans les églises indonésiennes et durant la célébration de l'eucharistie le terme d'"Allah Tout-Puissant", pourquoi ne serions-nous pas capables de faire la même chose ici ?"
"Naturellement cela doit être longuement et soigneusement préparé et mûrement réfléchi. Mais dans cent ans, deux cents ans, je demande à voir. [...] Allah est simplement le mot arabe pour Dieu" a précisé Mgr Muskens.
L'évêque de Breda critique la ligne conservatrice choisie selon lui par le successeur de Jean-Paul II au Vatican, le Pape Benoît XVI.