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Moi, Maghrébin de France

Rédigé par pouf.badaboum@gmail.com | Lundi 16 Novembre 2009

Ils sont quatre, venus d’Algérie, du Maroc et de Tunisie. Ils racontent leur parcours en France.



(Photo : Patrick Gaillardin).
(Photo : Patrick Gaillardin).
Alors que le débat sur l’identité française vient d’être à nouveau lancé, la Cité de l’histoire de l’immigration inaugure mardi 17 novembre une exposition consacrée à l’apport culturel, rarement valorisé depuis un siècle, de la population venue du Maghreb.

L’occasion pour La Croix d’aller à la rencontre de quatre de ces personnes arrivées en France à des époques très différentes.

Les années 1930 de Mohammed Belkaïd, venu d’Algérie (racontées par sa fille Zohra) : « Travailler en France pour vivre en Kabylie »

Zohra Messaoudi est venue en France en 1977 pour retrouver son mari, Ali, ouvrier. Avec leurs trois jeunes enfants, le couple originaire de Kabylie s’installe en région parisienne. Cette fin des années 1970 sonne l’heure du regroupement familial et d’une installation parfois rude dans un pays dont bien des immigrés ignorent tout.

Pour Zohra, les choses se présentent mieux. « Depuis ma toute petite enfance, je garde le souvenir de mon père et de mon oncle qui revenaient de France et rapportaient avec eux le progrès, la promesse d’une vie meilleure. »

Né en 1899, Mohammed Belkaïd, le père de Zohra, a 21 ans quand il embarque clandestinement pour la France grâce la complicité d’un marin. Nous sommes en 1920 et, comme d’autres de la région de Tizi Ouzou, le jeune homme part chercher fortune sur l’autre rive de la Méditerranée. À Marseille, il est accueilli par des compatriotes qui se partagent à cinq ou six des petites chambres d’hôtel.

Mohammed travaille dans une huilerie, où il est payé à la tâche. Lorsque la somme réunie est suffisante, Mohammed revient en Algérie et se marie. De retour à Marseille dans les années 1930, le Kabyle improvise une petite activité de commerce. Il vend des babioles sur les marchés, fait du porte-à-porte. L’activité va devenir suffisamment lucrative pour lui permettre d’abandonner le travail à l’usine.

Désormais, la vie de Mohammed Belkaïd sera rythmée par les voyages entre la France et l’Algérie où la vie s’améliore. Du plus lointain de son enfance, Zohra se souvient des retours d’un homme au large sourire surmonté d’une belle moustache. « Il me rapportait une petite jupe ou un vêtement chaud pour passer l’hiver », se souvient-elle avec émotion.

Dans la famille, il y a aussi l’oncle Ahmed qui travaille dans une raffinerie de sucre à Marseille puis dans les abattoirs du Havre jusqu’à sa retraite en 1957. Et un grand frère, de vingt ans son aîné, qui part à Roubaix puis redescend à Marseille où il va ouvrir plusieurs magasins de tissus. « Tous parlaient tout le temps de la France. La vie était dure mais l’immigration a été la grande aventure de leur jeunesse. Ils racontaient les femmes françaises qui travaillent dur et ça nous aidait à avancer dans la vie. »

Grâce à ces premières générations de migrants, la vie en Kabylie s’est améliorée. Le père de Zohra ouvre une première fabrique d’huile, des magasins, achète des terrains et fait bâtir des maisons. Ses cousins, les fils d’Ahmed, ont tous fait des études en Algérie et plusieurs enseignent à leur tour à l’université. Mais chez la jeune Zohra, cette histoire fait naître une vocation au départ. Depuis trente et un ans, Zohra et Ali ont fait leur vie en France où ils ont obtenu la nationalité et élevé leurs trois enfants.


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Auteurs : Bernard Gorce et Bénévent Tosseri (à Lyon)
Source : La Croix - 13/11/2009




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