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Mohamed El Baradeï et l’AIEA, Prix Nobel de la paix 2005

Rédigé par La Rédaction | Vendredi 7 Octobre 2005 à 11:36

           

Le prix Nobel de la paix 2005 a été décerné, vendredi 7 octobre à Oslo, à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et à son directeur général, l’Egyptien Mohamed El Baradeï. Un signal fort que le Comité Nobel norvégien a tenu à donner au monde à l’heure où la menace nucléaire plane de nouveau sur le monde.



L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et son directeur général, Mohamed El-Baradei, ont reçu le prix Nobel de la paix vendredi pour leur lutte contre la prolifération des armes nucléaires. Ils succèdent ainsi à la Kenyane Wangari Muta Maathai, militante écologiste, prix Nobel de la paix 2004.

Le comité chargé de remettre le prix récompense ainsi les efforts déployés par l'AIEA pour lutter contre la prolifération des armes nucléaires. "A un moment où les efforts de désarmement paraissent dans l'impasse, et alors qu'il y a danger que les armes nucléaires se propagent à la fois à des Etats et à des groupes terroristes, et que la puissance nucléaire semble revêtir de nouveau un rôle croissant, le travail de l'AIEA est d'une importance incalculable", souligne le Comité.

M. El Baradeï s'est déclaré "extrêmement honoré".

"Tout ceux qui ont contribué à l'AIEA ont leur part dans ce prix important", a de son côté souligné Ole Danbolt Mjoes, président du comité Nobel, qui reconnaît " les efforts (de l'AIEA) pour empêcher l'énergie nucléaire d'être utilisée à des fins militaires et pour s'assurer que l'énergie nucléaire à but pacifique est utilisée de la façon la plus sûre possible". Dans ce contexte, "le travail de l'AIEA est d'une importance inestimable". Ce prix "adresse un message au monde entier : faites ce que vous pouvez pour éliminer les armes nucléaires. Le pouvoir du peuple est formidable", a ajouté M. Mjoes, promettant de "ne jamais abandonner" son action pour l'interdiction des armes nucléaires.

Le comité Nobel contre le nucléaire

Ce n'est pas la première fois que le comité Nobel décerne son prix à des militants contre le nucléaire militaire à l'occasion d'anniversaires tels que celui des bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki au Japon en 1945. En 1985, le Nobel de la paix avait ainsi distingué l'organisation contre la guerre nucléaire International Physicians for the Prevention of Nuclear War. Les agences des Nations unies sont également régulièrement récompensées, comme ce fut le cas pour l'ONU et son secrétaire général Kofi Annan en 2001, les forces de maintien de la paix en 1988 ou le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) en 1981 et 1954.

L’ascension de Mohamed El Baradeï

Né le 17 juin 1942 au Caire et titulaire d’un doctorat en droit international en 1964, il commence alors sa carrière diplomatique au service de son pays au sein des Nations Unies. Il s’occupe déjà des questions relatives au contrôle des armes. Après avoir assumé plusieurs fonctions diplomatiques et politiques, il fait son entrée à l’AIEA en 1984.

L’ AIEA créée en 1957 en tant qu’organisation intergouvernementale au sein des Nations Unies a pour objectif de chercher à accélérer et élargir la contribution de l’énergie atomique à la paix, la santé et la prospérité dans le monde entier. Le siège de l’agence se situe à Vienne en Autriche. C’est à 63 ans que Mohamed El Baradei en prend la tête, le 1er décembre 1997 et sera réélu à son poste en 2001 pour un troisième mandat de quatre ans.

Depuis son arrivée à la tête de l'agence, M. El Baradei a fait de la lutte contre la prolifération nucléaire sa préoccupation principale. Il accuse en décembre 2002 la Corée du Nord d'engager un "bras de fer nucléaire" avec l'expulsion de deux inspecteurs de l'AIEA. Il contredit les Américains avant leur intervention en Irak sur la présence d’armes de destruction massive dans le pays. Il tente actuellement de désamorcer la crise déclenchée par la volonté de l'Iran de maîtriser la totalité du cycle nucléaire alors que Washington accuse Téhéran de dissimuler un programme nucléaire militaire.

L’AIEA et son directeur recevront leur récompense, une médaille d’or, un diplôme et un chèque de 10 millions de couronnes suédoises (1,3 million de dollars) le 10 décembre prochain.




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