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Mogadiscio conquise

| Mercredi 7 Juin 2006

Lundi 5 juin la trêve semble être assumée à Mogadiscio, capitale de la Somalie. Les chefs de guerre, soutenus par les Etats-Unis, ont perdu la bataille de la capitale. L’union des tribunaux islamiques remporte donc une victoire décisive pour la Somalie, mettant ainsi en déroute la politique américaine dans la région.



Miliciens de l'union des tribunaux islamiques
Miliciens de l'union des tribunaux islamiques

La capitale aux mains de l'union des tribunaux islamiques

Lundi 5 juin, la bataille de la capitale somalienne semble avoir été remportée par les combattants de l’union de 11 tribunaux islamiques. Selon certaines sources, les miliciens des chefs de guerre proaméricains commenceraient à remettre leurs armes à leurs ennemis victorieux.

Dans un communiqué transmis par le Sheikh Sharif Ahmed, chef de l’union des tribunaux islamiques (Jic), celle-ci ne serait « pas intéressée par la poursuite des hostilités et elle fera régner pleinement la paix et la sécurité dans la capitale somalienne après le changement réalisé à la suite de la victoire du peuple et du soutien d'Allah ». Affirmant que « La Jic prendra soin de la sécurité du peuple et de la liberté des individus et supprimera tout type d'hostilités liées aux combats entre clans somaliens.»

De son côté, Hussein Gutale Raghe, porte-parole de l’alliance des chefs de guerre proaméricains, nommée l'Alliance pour la Restauration de la Paix et Contre le Terrorisme (ARPCT), a affirmé que i[« les tribunaux islamiques […] sont financés par les combattants étrangers. Ils ne délivrent pas le message d'Allah, mais un message de haine. De vrais chefs religieux n'enseignent pas l'usage des armes, mais le but de ces gens-là est de tuer et de diriger ».]i

Une guerre civile larvée

Le contrôle de Mogadiscio opposait depuis près de quatre mois les milices des tribunaux islamiques à l’alliance des chefs de guerre proaméricains, l’ARPCT. Cette alliance devait conforter la politique du président Bush dans sa lutte contre le terrorisme et le développement de réseaux somaliens soupçonnés d’être liés à Al Qaeda.
Depuis février, ces affrontements pour la prise de la capitale ont fait au moins 316 morts et plus de 1.500 blessés, essentiellement des civils. Cette bataille est l’une des plus sanglante depuis 1991, début de la guerre civile en Somalie.

Les chefs armés mis en déroute ces derniers jours étaient, depuis 15 ans environ, à la tête d’un pays en proie à une guerre civile latente. Depuis la fin de la dictature du général socialiste Siad Barre qui coïncide avec le début de la guerre civile en 1991, aucun gouvernement central n’a pu être mis en place en Somalie. L’on voit un pays submergé par des revendications claniques, en proie à de violents affrontements qui ont des conséquences catastrophiques pour la population. Un an après le début de cette guerre civile, l’on dénombrait plus de 50 000 morts suite aux combats et plus de 300 000 autres liés à la famine qui en découle.

En 1992, les Etats-Unis, appuyés par l’ONU, envoient une force de coalition militaro humanitaire sur place. L’opération nommée « Restore Hope » (restaurer l’espoir) fut un véritable fiasco. Après s’être empêtrées dans un bourbier, toutes les forces internationales se retirent définitivement de la Somalie en mars 1995. Cette épopée inspire à Hollywood en 1993, un film de guerre nommé « La Chute du faucon noire », racontant l’histoire d’une mission de routine en plein centre de Mogadiscio, qui tourne à la guerre frontale avec les rebelles armés somaliens.

Un véritable échec

En octobre 2004, des parlementaires somaliens se sont réunis à Naïrobi au Kenya et ont élu Abdullah Yusuf Ahmed, à la présidence. Le Premier ministre nommé a formé un gouvernement de coalition avec les différents chefs de guerre du pays. Cependant, ces institutions somaliennes siègent au Kenya et n’ont aucune autorité reconnue en Somalie mise à part, jusqu’à lundi, sur quelques quartiers de la capitale, Mogadiscio. Seule la communauté internationale reconnaît ce gouvernement.

Les Etats-Unis ont tenté tant bien que mal de garder leur emprise sur ce pays anciennement pro communiste en finançant ces chefs de guerres somaliens, honnis par la population. Cependant, au vu des évènements, la politique américaine dans ce pays apparait comme un véritable échec.






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