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Sur le vif

Mantes-la-Ville : des responsables musulmans à l'origine d'un fichage à but politique

Rédigé par Imane Youssfi | Lundi 19 Décembre 2016



Mantes-la-Ville : des responsables musulmans à l'origine d'un fichage à but politique
L’enquête lancée il y a quelques mois par la police judiciaire de Versailles concernant un fichage de musulmans dans la commune de Mantes-la-Ville est enfin terminée.

Quatre personnes comparaîtront le 10 janvier 2017 devant le tribunal correctionnel de Versailles pour « détournement et collecte de données à caractère personnel », rapporte Le Parisien. Les suspects, présentés pour certains « figures de la communauté musulmane locale », auraient tenté de constituer un fichier qui recense les personnes de confession musulmane résidant à Mantes-la-Ville afin d’aider Monique Brochot, maire socialiste sortante, dans sa réélection, sans succès. La collecte de données ethniques étant illégale, les faits reprochés sont graves.

Tout avait commencé par une plainte anonyme dénonçant la manœuvre. Elle stipulait qu’un fichage des musulmans avait été établi afin de préparer les élections municipales de 2014. Une perquisition avait été menée en mai 2016, dans les locaux de cette mairie des Yvelines. Cette dernière visait l’ancienne municipalité, et non l’actuelle majorité aux mains de l’élu frontiste Cyril Nauth depuis 2014. A l’issue de cette perquisition, les enquêteurs ont découvert le fichier intégral dans l’ordinateur portable d’un ex-adjoint de Monique Brochot. Il s’agissait d’un tableau avec plusieurs noms à consonance maghrébine ou africaine.

« Je n’ai rien à voir avec cette histoire, de près ou de loin »

Selon les investigations de la police judiciaire, l’initiative venait de membres de la communauté musulmane de Mantes-la-Ville, lesquels ont été placés en garde à vue. Un homme, qui figurait en 16e position sur la liste Brochot aux municipales de 2014, aurait reconnu, toujours selon Le Parisien, qu’il souhaitait créer et utiliser ce fichier « pour faire réélire la candidate PS ». Monique Brochot se serait engagée à soutenir le projet de construction d’une mosquée sur la ville selon ses dires. Les trois autres personnes renvoyées devant le tribunal ont expliqué qu’elles avaient participé à l’élaboration du fichier. L'ancienne maire et ses adjoints ont été mis hors de cause.

« Je suis blanchi, je n’ai rien à voir avec cette histoire, de près ou de loin », insiste Aziz El Jaouhari, le président de l’Association des musulmans de Mantes–Sud (AMMS). « Les détracteurs de notre projet de mosquée s’appuyaient sur une collision entre les politiques et notre association pour le décrédibiliser. L’enquête sur ce dossier a au moins permis de démontrer le contraire », a-t-il fait savoir. Longtemps suspecté, le responsable associatif ne fait pas partie des personnes convoquées au tribunal.

Le tribunal administratif a d’ailleurs donné raison à l'AMMS vendredi 16 décembre. La municipalité refusait de leur délivrer un permis de construire pour des travaux liés à la mosquée. « Le tribunal oblige le maire Cyril Nauth à étudier le permis d’ici trois mois. Il a été condamné pour détournement de pouvoir », se félicite Aziz El Jaouhari. Le maire dispose de deux mois pour faire appel.

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