« C’est la première fois que la marseillaise retentit pour les honorer » s’en émeut Kamel Kabtane. Pour lui, cette cérémonie est importante car elle montre bien que « les musulmans de ce pays ne sont pas venus là par hasard, ils sont venus parce qu’ils ont une histoire, celle que ces gens ont écrite en donnant leur sang pour la France. » Il aura fallu attendre près de 70 ans pour que ce nouvel honneur leur soit rendu en 2007 d’abord et plus largement cette année à la veille du 90ème anniversaire de l’Armistice.
Lorsque, en 2006 Frédéric Couffin tombe sur ce monument, au hasard de recherches qu’il entreprend pour une association locale de sauvegarde du patrimoine, «personne n’était capable de me dire ce que c’était », ni l’administration, ni les associations, ni les autorités religieuses. Kamel Kabtane l’accompagne, alors dans ses démarches et se charge d’alerter les autorités. Frédéric Couffin épluche les archives de la ville ainsi que celles des hôpitaux militaires, entre en contact avec des experts sur internet et retrouve, un à un, les noms des soldats. Soignés à l’hôpital militaire de Oullins, ils étaient âgés de 26 ans en moyenne et originaires en grande majorité du Maghreb : « 63% d’algériens, 18% de marocains et 6% de tunisiens. Pour le reste, ils appartiennent au moins à 5 nationalités de l’Afrique équatoriale du Sénégal au Soudan » précise M. Couffin qui souhaite désormais que les historiens s’en emparent pour écrire l’histoire de ces hommes.