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Arts & Scènes

Looping pop, danse mécanique sur musique de chambre

Rédigé par | Samedi 5 Avril 2014



« Bal.exe – Bal mécanique sur musique de chambre », pièce chorégraphique d'Anne Nguyên pour 8 danseurs, musique interprétée par les musiciens de l'Orchestre régional de Basse-Normandie. (Photo : Claude Boisnard)
« Bal.exe – Bal mécanique sur musique de chambre », pièce chorégraphique d'Anne Nguyên pour 8 danseurs, musique interprétée par les musiciens de l'Orchestre régional de Basse-Normandie. (Photo : Claude Boisnard)
Le looping pop, vous connaissez ? C’est ce que j’ai découvert, en assistant à la première de Bal.Exe, 7e création de la chorégraphe Anne Nguyên, lauréate du prix Nouveau Talent Chorégraphique SACD 2013.

L’on sait que nombre de danseurs de hip hop demeurent généralement dans la performance technique et acrobatique, voire la surreprésentation de soi individuelle. Le nouveau style de danse baptisé par Anne Nguyên « looping pop » entend allier deux univers apparemment distincts. D’une part, le popping, un style de danse né dans les années 1970 en Californie, que l’on appelait aussi « smurf » (en référence aux gants blancs portés parfois par les smurfers ), constitué de gestes mécaniques, saccadés, angulaires, quasi robotiques. D’autre part, les danses sociales, c’est-à-dire les danses de salon ou les danses de couple telles le tango ou la valse.

Sur scène, huit poppers (trois garçons et cinq filles) évoluent semblables à des poupées mécaniques détachés de leur socle, qui se rencontrent et s’entrechoquent, qui s’accrochent plutôt qu’ils ne s’enlacent, qui se dénouent pour virer de direction en solo. Une danse où l’expression du visage est quasi figée et duquel l’émotion ne transparaît que peu. Cette danse semble être à l’image du monde d’aujourd’hui où chacun tente de prendre contact avec l’autre sans y parvenir, où chacun reste dans un carcan rigide quand bien même des relations se nouent.

Bien sûr, j’adore le mélange des genres : voir s’exprimer la culture urbaine des danseurs de hip hop sur de la musique classique (Allegro de la sonate n° 2 pour violon, de Bach ; Quintette pour clarinette et cordes en si mineur, de Brahms…), jouée de surcroît en live par les musiciens de l’Orchestre régional de Basse-Normandie, est absolument un gros kiff.

Mais une gestuelle hâchée et spasmodique, très peu pour moi… et le côté éminemment répétitif de certaines scènes m’a parfois lassée. Il m’a manqué davantage d’irruptions inattendues de chacun des danseurs, laissant émerger leur personnalité, même si quelques solos étaient brillamment interprétés, dont certains ne manquaient ni d’humour ni de poésie.

Enthousiaste, le public, lui, a ovationné Bal.exe. Sûr qu’il sera au rendez-vous des prochaines représentations de la nouvelle pièce de la Compagnie Par Terre, notamment les 5 et 6 avril au Festival Hautes Tensions, à La Villette.

Bal.exe – Bal mécanique sur musique de chambre
Chorégraphie : Anne Nguyên
Danseurs : Sonia Bel Hadj Brahim, Pascal Luce, Claire Moineau, Blondy Mota-Kisoka, Sacha Négrevergne, Jessica Noita, Matthieu Pacquit, Rebecca Rheny
Musiciens : Orchestre régional de Basse-Normandie Gilles Leyronnas (clarinette), Corinne Basseux (violon), Jean-Yves Ehkirch (violon), Adrien Tournier (alto), Vincent Vaccaro (violoncelle)
Création lumière : Ydir Acef
Programme musical :
Improvisation autour de Disco - Toccata de Guillaume Connesson (né en 1970) / clarinette et violoncelle/ 2'30 min env.
Jean-Sébastien Bach (1685-1750) - « Allegro » de la Sonate n° 2 pour violon seul BWV 1003 / alto/ 4 min env.
Heinrich Ignaz Franz von Biber (1644-1704) - Sonate du Rosaire n° 16 « L'ange gardien » - Passaglia pour violon en sol mineur / violon / 9 min env.
Johannes Brahms (1833-1897) - Quintette pour clarinette et cordes en si mineur op. 115 / clarinette, 2 violons, alto, violoncelle / 36 min env.

Voir les dates des représentations sur le site de la Compagnie Par Terre





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