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Religions

Liberté de culte : l’Algérie répond à Washington

| Mercredi 24 Septembre 2008

Le Département d'Etat américain, estime dans un document publié vendredi 19 septembre, que l'Algérie connaît "un déclin du statut des libertés religieuses" . En cause: une loi réglementant la pratique des religions non-musulmanes et la série de procès contre des chrétiens évangélistes, notamment. Lundi 22 septembre, le ministre algérien des Affaires religieuses à vigoureusement contredit les propos de ce rapport.



Liberté de culte : l’Algérie répond à Washington
« Il n’y a pas de restriction des libertés religieuses en Algérie » a affirmé lundi 22 septembre, le ministre algérien des Affaires religieuses. Bouabdellah Ghlamallah a ainsi répondu directement à l’appréciation du Département d’Etat américain concernant la liberté de culte en Algérie. L’administration américaine note dans son dernier rapport, rendu public vendredi dernier, une détérioration de la liberté religieuse dans ce pays, notamment. Car, la Jordanie, l’Egypte et la Chine ont été épinglées au même titre dans ce rapport. En Algérie, indique le document, " la politique du gouvernement, aussi bien de jure que de facto, a provoqué un déclin du statut des libertés religieuses" entre juillet 2007 et juillet 2008. En cause: la loi adoptée en février 2006, qui criminalise le prosélytisme et selon laquelle quiconque "incite, contraint ou utilise des moyens de séduction tendant à convertir un musulman à une autre religion" ou bien "fabrique, entrepose ou distribue des documents imprimés ou tout autre support ou moyen qui visent à ébranler la foi d'un musulman" est passible de 2 à 5 ans de prison.

Le ministre algérien, a même qualifié le contenu " d’allégation mensongère visant à porter atteinte " à son pays : "Pareils propos sont infondés car nulle preuve ne fait état de la fermeture en Algérie d’une église ou d’atteinte à une personne pour son appartenance religieuse" avant de rassurer " les chrétiens résidant en Algérie, soit en qualité de visiteur ou ayant la nationalité algérienne, que leur liberté de culte est garantie".

Pourtant, ces derniers mois, plusieurs procès hypermédiatisés ont impliqué des algériens convertis au christianisme. En mai, le procès de Habiba Kouider, évangéliste, a été reporté en attente d’un complément d’enquête. Elle avait été arrêtée en possession de plusieurs exemplaires de la Bible. Le mois suivant, quatre personnes ont été condamnées par le tribunal de Tiaret (sud-ouest) à des peines de prison avec sursis et deux autres ont été relaxées. En juillet, deux convertis ont écopés de six mois avec sursis. L’affaire la plus significative reste celle du Père Pierre Wallez condamné à deux mois de prison avec sursis pour avoir prié avec des migrants subsahariens chrétiens. En cause à chaque fois : le prosélytisme présumé des accusés. D'autre part, le président de l'Eglise protestante d'Algérie (EPA), relevait dans Libération du 7 juillet 2008, vingt-six fermetures de temples "pour non-conformité aux règles de sécurité"

En février 2006, le gouvernement avait adopté une mesure réglementant les pratiques des religions non-musulmanes pour faire face au phénomène d’évangélisation "agressive", selon les autorités, constaté en Kabylie notamment. Cette ordonnance avait d'ailleurs valu à l’Algérie, la même année, une insertion dans le rapport annuel du département d’Etat alors qu’elle était jusque là rangée dans la catégorie des pays tolérants. Au début des années 2000, d’autres dispositions avaient été prises par le gouvernement algérien afin d'organiser légalement la pratique du culte musulman.





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