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Liban : Une force d’intervention internationale ?

| Mercredi 19 Juillet 2006

Kofi Annan s’adressera, Jeudi 20 juillet, au Conseil de Sécurité des Nations Unies sur l’éventuel envoi d’une force de coalition internationale à la frontière libano israélienne. Le secrétaire général de l'ONU a déjà émis quelques hypothèses sur la nature et les nouvelles possibilités de cette force militaire internationale. De nombreuses déclarations de gouvernements du monde l'approuvent.



Kofi Annan
Kofi Annan
Le président de la commission européenne, José Manuel Barroso a répondu positivement à l'appel de Kofi Annan qui souhaite saisir le Conseil de sécurité de l'ONU à propos de la situation au Proche Orient. Le Secrétaire général de l'ONU s'adressera donc ce jeudi 20 juillet au Conseil de sécurité sur la crise au Proche-Orient et l’escalade de violence notamment au Liban. Cette nouvelle a été annoncée mardi par l'ambassadeur de France auprès des Nations Unies et actuel président du Conseil de sécurité, Jean-Marc de La Sablière. Pour l’instant, aucune décision sur un appel au cessez-le-feu ou le déploiement éventuel d'une force de stabilisation n’a été prise.


La définition d’une force


Jugeant, « urgent que la communauté internationale agisse pour faire la différence sur le terrain », le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a exprimé ce mardi, les conditions de fonctionnement d’une éventuelle force militaire, envoyée à la frontière libano israélienne. Cette force devrait permettre au Liban « d'opérer dans le sud et de stabiliser la situation. (…) Cela donnerait au gouvernement libanais le temps de s'organiser, de se préparer » pour qu' « il puisse étendre son autorité sur tout le territoire, y compris le sud » et puisse « régler la question du désarmement des milices ».

Dans un premier temps, cette force devrait être bien plus nombreuse que celle déjà sur place depuis 1978. En effet, la FINUL (Force intérimaire des Nations unies au Liban) est sur le terrain depuis 28 ans. Sa mission, faisant suite à l’invasion israélienne du Liban en mars 1978, était de vérifier « le retrait des troupes israéliennes du sud du Liban, rétablir la paix et la sécurité internationales et aider le gouvernement libanais à assurer le rétablissement de son autorité effective dans la région. » Aujourd’hui, cette force compte 1991 hommes venant de la France, la Chine, le Ghana, l'Inde, l'Irlande, l'Italie et la Pologne. Il en faudrait 8000, estimait lundi, Romano Prodi, chef du gouvernement italien.

Sans quantifier précisément, Kofi Annan déclare pour sa part que cette unité devrait être « considérablement » plus importante et mieux armée afin de répondre aux nouvelles missions qui pourraient lui être confiées. M. Annan a également précisé qu'elle devrait « avoir un concept opérationnel modifié, différent, avec des compétences différentes. » Il n'a toutefois pas fourni de plus amples précisions, ajoutant que le Conseil de sécurité devait au préalable « discuter de cela et définir le mandat spécifique» avant qu'on « puisse en parler en termes plus concrets ».

Israël qui, jusqu’à mardi, refusait une intervention internationale, « n'exclut pas le déploiement d'une force multinationale » au Liban sud à condition qu'elle soit « très forte ». Cependant, pour cela, il faudrait obtenir un cessez-le-feu, chose que se refuse le Premier ministre israélien, Ehoud Olmert. « Israël poursuivra la bataille contre le Hezbollah et continuera de frapper les cibles de cette organisation jusqu'au retour des militaires enlevés et que soit assurée la sécurité des citoyens israéliens » dans les localités du nord, cibles des tirs de roquettes, a affirmé M. Olmert dans un communiqué.

Qui pense quoi ?


De nombreux pays arabes condamnent les attaques israéliennes. Pour sa part, L'Arabie saoudite a annoncé mardi qu'elle soutenait le déploiement d'une force internationale au Liban mais que la priorité demeurait un arrêt des attaques d'Israël contre son voisin. Le prince Saoud Al-Fayçal, ministre saoudien des Affaires étrangères, a estimé que les deux militaires ne pourraient pas être relâchés en l'absence d'un cessez-le-feu. « La priorité pressante consiste à instaurer un cessez-le-feu car il n'y a pas de justification à la poursuite des hostilités, notamment si l'objectif des hostilités est (d'obtenir) la libération des deux soldats », déclare le Ministre. « Naturellement nous pensons que s'il y a un cessez-le-feu, il faudra qu'il y ait des forces internationales pour un conflit de ce genre », a-t-il ajouté.

De son côté, le Hamas condamne vivement les attaques israéliennes et l’inaction du monde arabe. Mushir Al-Masri, membre du Parlement palestinien, a critiqué dimanche, le résultat de la rencontre des ministres des Affaires étrangères du monde arabe, qui avait lieu samedi au Caire au sein de Ligue Arabe. Le parlementaire palestinien parle de « faiblesse » arabe.

Le pape Benoît XVI a fait une déclaration sur ce conflit, approuvant la possibilité del’envoi d’une force militaire, a-t-il déclaré mardi soir : « il serait heureux que le Conseil de sécurité des Nations unies examine la possibilité d'une présence internationale de sécurité et/ou de surveillance » dans le sud du Liban.

En France, le Premier ministre Dominique de Villepin, de retour de Beyrouth, rend compte de l’ « l'extrême gravité et les difficultés de la situation humanitaire ». Inquiétudes partagées par la Ministre libanaise des Affaires sociales Nayla Moawad. « Israël mène une guerre pour affamer le Liban. C'est une situation désastreuse », déclare-t-elle. « Les Israéliens ont détruit l'un des plus importants dépôts de nourriture du pays et ciblé une ambulance transportant de l'aide des Emirats arabes unis », souligne-t-elle. « Nous avons besoin d'aide, mais ce dont nous avons besoin d'urgence, c'est de pouvoir recevoir de la nourriture et des médicaments. (…) Je ne sais pas combien de temps nous pouvons tenir dans cette situation catastrophique. »

Tony Blair et Georges W. Bush
Tony Blair et Georges W. Bush

Le « caniche » des Etats Unis


De son côté, M. Blair a été hué par l'opposition à la chambre des députés britannique. Le Premier ministre était accusé mardi par la presse anglaise d'avoir de nouveau agi comme le « caniche » des États-Unis suite à la diffusion d’une conversation privée avec Georges Bush lors du sommet du G8. Georges W. Bush, a pour une fois, mais sans le savoir, fait part de ses véritables sentiments quant au conflit du Proche-Orient.
En effet, lundi, durant le dernier déjeuner du sommet du G8 à Saint-Pétersbourg, Georges Bush s’adresse à son ami de toujours, Tony Blair, en toute confiance, ignorant que les micros étaient encore branchés.

M. Bush indique que sa secrétaire d’État, Condoleezza Rice, pourrait jouer un plus grand rôle dans la recherche d’une solution dans la région. « Elle va y aller, je crois que Condy va y aller assez rapidement », a-t-il dit. M. Blair a répondu qu’il pourrait lui aussi se rendre dans la région si Condoleezza Rice « avait besoin qu’on lui prépare le terrain ». Il a estimé que l’enjeu serait moins élevé pour lui que pour la responsable américaine. « Si elle y va, elle doit réussir, de fait, alors que moi je peux juste y aller et faire des déclarations », assure-t-il. C’est à ce moment que le président Bush dit : « L’ironie est que ce qu’ils doivent faire, c’est amener la Syrie à faire en sorte que le Hezbollah cesse de semer la merde, et ce sera fini ».

Bush continue sur le Secrétaire général de l’ONU : « Qu’est-ce qui se passe avec Kofi Annan ? Je n’aime pas l’enchaînement des événements qu’il fait. Fondamentalement, son attitude consiste à dire : un cessez-le-feu et tout le reste suit », déclare M. Bush. Tony Blair lui répond : « Qu’est-ce qu’il pense ? Il croit que si le Liban s’en tire bien, s’il obtient une solution en Israël et Palestine, l’Irak va dans la bonne direction, il aura réussi. » Mais le Premier ministre britannique souligne aussi qu’on « ne peut pas stopper tout ça sans un accord sur cette présence internationale », faisant référence à la force de stabilisation au Liban-Sud envisagée par le G8. M. Bush ajoute : « J’ai eu envie de dire à Kofi d’appeler (le président syrien Bachar) el-Assad au téléphone, pour qu’il se passe quelque chose. »

C’est à ce moment que le président Bush devait prononcer quelques mots en présence des autres dirigeants réunis à Saint-Pétersbourg, qu’il trouve apparemment bavards. « Je ne vais pas parler trop longtemps comme les autres. Certains de ces types parlent trop longtemps », dit-il.





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