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Liban : Un dernier adieu à Gebrane Tuéni

| Mercredi 14 Décembre 2005

Mercredi, deux jours après l’assassinat du député Gebrane Tuéni, des milliers de Libanais lui ont rendu un dernier hommage à Beyrouth. Une marée humaine unie (chrétiens et musulmans ensemble) pour les funérailles officielles où flottaient de nombreux drapeaux frappés du célèbre Cèdre.



"Gebrane n'est pas mort!" "Bachar, qui est le suivant?", criait la foule à l'intention du président syrien Bachar al-Assad, dont le régime est pointé du doigt dans les différents attentats et assassinats qui secouent le Liban depuis au moins un an.

Six mois après les obsèques de Samir Kassir

Le cercueil du député, recouvert du drapeau libanais, a d'abord été transporté au Parlement où plusieurs députés se sont engagés, après le "martyre de Gebrane Tuéini", à se montrer encore plus déterminés à "lutter pour l'indépendance et oeuvrer à un dialogue sérieux pour refaire l'unité nationale". Le cortège funèbre s'est ensuite rendu, à quelques mètres de là, à la cathédrale grecque orthodoxe Saint-Georges, dans le vieux Beyrouth.

C'est dans cette même église que s'étaient déroulées, il y a six mois, les obsèques de Samir Kassir, assassiné à Beyrouth en juin, journaliste au quotidien An-Nahar. Ailleurs, la capitale libanaise avait des airs de ville fantôme avec ses rues désertes, ses écoles, ses banques et ses commerces qui sont restés portes closes en signe de respect à Gebrane Tuéni.

"La différence entre la nuit et le jour c'est un seul mot, Gebrane"

En chemin, la foule a marqué un arrêt devant l'immeuble du journal An-Nahar, dont la façade a été drapée d'un immense portrait de Gebrane Tuéni. Sous sa photo, une phrase: "La différence entre la nuit et le jour c'est un seul mot, Gebrane".
Le député, 48 ans, était directeur général du quotidien libéral journal An-Nahar, très critique envers la Syrie. La foule porte aussi des portraits de l'ancien premier ministre assassiné en février Rafic Hariri, de son fils, Saad et des drapeaux libanais. Ainsi que les portraits de Kamal Joumblatt, assassiné en 1977 à proximité d'un barrage syrien à Beyrouth, et du président René Moawad assassiné en 1989.

De temps à autres des chants patriotiques sont entonnés "Notre pays est à nous, nul ne peut nous l'enlever". Puis la foule a conspué le président libanais pro-syrien Emile Lahoud et appelé à sa démission "Honte à toi Lahoud, démissionne, tu es sous la botte syrienne", répétaient-ils à l'unisson.
"Les morts se suivent l'un après l'autre comme des moutons et Lahoud reste là comme un sphinx", proclamait une banderole déployée devant le siège du quotidien An-Nahar.

Oublier "les rancœurs"

De nombreuses personnalités étaient présentes, dont le député et chef druze Walid Joumblatt qui a appelé à la "chute du régime syrien", des ministres et les ambassadeurs accrédités au Liban.
"Le régime syrien doit être changé et être jugé. Ce type (le Président syrien Bachar Al-Assad) à Damas est un malade. S'il reste au pouvoir il n'y aura pas de stabilité au Moyen-Orient", a notamment déclaré Walid Joumblatt.
Le Premier ministre libanais, Fouad Siniora, a annoncé qu'il demanderait aux Nations unies d'enquêter sur l'assassinat de Gebran Toueni.

Le père du défunt, Ghassan Tuéni, a appelé les Libanais à oublier "les rancœurs".
"Je n'appelle pas à la vengeance, ni à la rancune, mais à l'unité des Libanais pour défendre le Liban et la cause arabe", a lancé l'ancien diplomate et patriarche de la presse libanaise et arabe, de l'intérieur de l'église.
Sa petite-fille, Nayla, 22 ans, était très affectée.
"Je suis la fille de Gebrane Tuéni, la fille d'An-Nahar, le flambeau de la liberté et je continuerai à brandir la plume à la face des dictateurs du monde arabe".




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