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« Leur comportement est inadmissible »

Rédigé par Rakho Mom Assmaâ | Mardi 5 Juillet 2005

La gérante d’une agence immobilière du sud de la France risque huit ans de prison avec sursis, 8 000 euros d'amendes, la fermeture temporaire de son établissement et la suspension de ses droits civiques. C’est en tout cas ce qu’a requis hier à son encontre le procureur du tribunal correctionnel de Toulouse. Verdict le 3 août prochain.



 

La gérante d’une agence immobilière du sud de la France risque huit ans de prison avec sursis, 8 000 euros d'amendes, la fermeture temporaire de son établissement et la suspension de ses droits civiques. C’est en tout cas ce qu’a requis hier à son encontre le procureur du tribunal correctionnel de Toulouse. Verdict le 3 août prochain.

 

 

Gérante de l’agence immobilière Sud Location, Réjane Massaré écartait systématiquement de ses listes d’éventuels locataires étrangers, et cela selon elle à la demande des propriétaires.

 

Une ex-employée accuse

 

Eventée par une ex-employée de l’agence, l’affaire a été portée devant la justice par l’association SOS-Racisme. Emilie a ainsi raconté au tribunal que «quand un logement entrait sur nos listes, nous demandions au propriétaire les désirs ou réserves qu'il souhaitait exprimer. Quand il ne voulait pas louer à un étranger, nous portions les lettres P. E. sur la fiche pour «pas d'étranger». De fait, quand il s'en présentait un, nous usions de ruses pour le détourner ». Les lettres « PE » en question visaient principalement les personnes originaires du Maghreb et d’Afrique Noire.

 

C’est durant l’année 2003 que SOS-Racisme porte plainte. La gérante reconnaît alors les faits. Plus, elle fournit une liste détaillée des propriétaires de biens immobiliers lui ayant demandé de ne pas louer à des étrangers. Pourtant, aucune poursuite n’est aujourd’hui engagée contre eux. Ce que regrette le vice-président de SOS-Racisme, Samuel Thomas. « Demain, ce sera aux propriétaires de rendre des comptes à la justice » a-t-il déclaré, ajoutant : « La police connaît leurs noms et leurs adresses mais n'a pas souhaité faire son travail en les entendant, ce que je condamne fermement. Je regrette amèrement que les propriétaires ne soient pas présents dans le box des accusés car leur comportement est inadmissible ».

 

« Que pouvait faire Réjane Massaré ? »

 

C’est la question qu’a posée devant le tribunal Maître Eric Dardenne, avocat de Madame Massaré. Et de poursuivre son interrogation : « donner au postulant l'illusion de pouvoir enfin se loger alors qu'elle savait que le propriétaire allait le récuser ? Cette mention n'avait d'autre but que d'éviter de faire perdre du temps à tout le monde [...]. Ma cliente était elle aussi soumise à une contrainte. En aucun cas, on ne peut l'accuser de racisme».

 

Madame Massaré serait par ailleurs, toujours selon son avocat, « surprise et déçue de se trouver là, car elle est convaincue d'avoir aidé ces gens en ne les envoyant pas vers des propriétaires qui auraient trouvé n'importe quelle excuse pour ne pas louer leurs biens ». Maître Eric Dardenne a indiqué qu’il plaiderait la relaxe pour sa cliente.

 

Les juges se prononceront sur la sentence le 3 août prochain.

 





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