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Les troupes turques rejoignent la coalition en Irak

Rédigé par Zaïri Rachid | Jeudi 9 Octobre 2003

En Irak, la communauté chiite a lancé mercredi un avertissement aux soldats américains. Ils exigent la libération de deux dignitaires chiites, arrêtés lundi par les forces américaines étant accusés d'avoir conduit des actes criminels et hostiles contre la coalition. Par ailleurs, la tension autour des soldes impayées aux anciens militaires n'est pas retombée. A Bagdad, quelques 150 d'entre-eux sont venus réclamer leur dû pour la troisième journée consécutive devant un bâtiment où les soldes sont généralement versées. Parallèlement à ce chaos, le parlement turc a autorisé le déploiement de ses soldats en Irak, suite à la demande du gouvernement. Washington s'est officiellement félicité de cette décision, en espérant qu'elle inciterait d'autres pays à envoyer des troupes pour épauler et relever les forces américaines. En revanche, l’initiative turque a suscité de l’inquiétude et de l’hostilité.



En Irak, la communauté chiite a lancé mercredi un avertissement aux soldats américains. Ils exigent la libération de deux dignitaires chiites, arrêtés lundi par les forces américaines étant accusés d'avoir conduit des actes criminels et hostiles contre la coalition. Par ailleurs, la tension autour des soldes impayées aux anciens militaires n'est pas retombée. A Bagdad, quelques 150 d'entre-eux sont venus réclamer leur dû pour la troisième journée consécutive devant un bâtiment où les soldes sont généralement versées. Parallèlement à ce chaos, le parlement turc a autorisé le déploiement de ses soldats en Irak, suite à la demande du gouvernement. Washington s'est officiellement félicité de cette décision, en espérant qu'elle inciterait d'autres pays à envoyer des troupes pour épauler et relever les forces américaines. En revanche, l’initiative turque a suscité de l’inquiétude et de l’hostilité. 

Le Parlement turc a donné mardi son feu vert à l'envoi d'un contingent en Irak pour une durée maximale d'un an. Mais il n'a pas encore décidé combien de soldats seront nécessaires à l'opération ni dans quelle région ils s’installeront.

Une lourde décision pour deux raisons 
Le gouvernement turc avait demandé en début de semaine à son parlement d’autoriser le déploiement de troupes pour une période d’un an, selon ce qu’avait affirmé le ministre de la justice et porte-parole du gouvernement, Cemil Cicek.

Mardi, le parlement a donc satisfait le gouvernement, malgré une forte opposition.  Les Etats-Unis se sont félicités de cette décision et ont indiqué qu'ils allaient travailler avec Ankara et le Conseil de gouvernement transitoire irakien pour tenter de trouver un accord sur les questions sensibles du nombre de troupes turques et de leurs lieux de stationnement ou de transit. 6000 hommes pourraient être concernés au départ prévu pour le moins de novembre.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a insisté sur l'aspect 'humanitaire' de la mission : 'les soldats turcs serviront non en tant que force d'occupation, mais en tant qu'amis et frères du peuple irakien'.

La Turquie a pris cette lourde décision pour deux raisons manifestes. Elle dispose, à travers cette action, d’un intérêt économique et bénéficie d’un positionnement stratégique.
Certains observateurs turcs ont souligné le bénéfice économique qu'Ankara pourrait retirer. Les Etats-Unis ont décidé, fin septembre, d'accorder une aide financière de 8,5 milliards de dollars sous forme de prêts à la Turquie en échange d'une 'coopération' en Irak et à condition qu'elle n'agisse pas 'de façon unilatérale' dans le Nord irakien. Faisant face à une crise économique et souhaitant intégrer au plus vite l’Union européenne, la Turquie saisit donc une opportunité pour rétablir sa situation économique et accélérer son développement. 

Elle bénéfice également d’un positionnement stratégique face à la menace que représentent les séparatistes kurdes présents dans le Nord de l’Irak. Les Etats-Unis ont donné des assurances à Ankara pour lutter contre les éléments du PKK-Kadek, l'organisation séparatiste kurde de Turquie, qui seraient présents en Irak.

De vives réactions en Irak et en Turquie
L'envoi de troupes turques en Irak est une décision à double tranchant pour les Etats-Unis qui voient un nouveau pays leur prêter main forte, mais au risque à de sérieuses tensions avec les nouveaux responsables irakiens et la population. Washington fait désormais face, sur ce sujet, à la colère de membres du Conseil de gouvernement transitoire irakien, pourtant mis en place par les Etats-Unis eux-mêmes en juillet dernier.

Ce Conseil comprend notamment les chefs des deux principales factions kurdes irakiennes - Jalal Talabani et Massoud Barzani - particulièrement inquiètes des visées du voisin turc.

Les préoccupations kurdes sont aussi partagées par une grande partie des Irakiens qui redoutent que la présence de forces de pays voisins réponde à des ambitions territoriales et politiques en Irak, plus qu'à un souci de maintien de la paix, et ne retarde le retour à une souveraineté irakienne.

La presse turque estime qu'Ankara a prit de gros risques en décidant, contre la volonté d'une grande partie du peuple turc, ce déploiement qui pourrait débuter en novembre et concerner au départ 6.000 soldats.

Plusieurs rassemblements et manifestations de protestation ont eu lieu à Istanbul, Mersin et Ceyhan (sud-est de la Turquie), avec à la clef  70 arrestations. Dans ces deux dernières villes, les manifestations se sont transformées en rassemblements pro-Abdullah Ocalan, le chef rebelle kurde, selon des sources kurdes.




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