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Les profanateurs d'un cimetière juif alsacien jugés pour tentative de meurtre

| Mercredi 11 Mars 2009

Le procès des deux hommes, accusés de tentative de meurtre raciste à l'encontre d'un retraité marocain grièvement blessé dans une explosion en 2005, s'est ouvert mardi 10 mars devant la cour d'assises du Haut-Rhin. Ces derniers avaient déjà été condamnés pour la profanation d'un cimetière juif alsacien. Le verdict est attendu vendredi. Les deux protagonistes risquent la réclusion criminelle à perpétuité.



Le cimetière juif d'Herrlisheim après la profanation des tombes en avril 2004, par Emmanuel Rist et Laurent Boulanger.
Le cimetière juif d'Herrlisheim après la profanation des tombes en avril 2004, par Emmanuel Rist et Laurent Boulanger.
Emmanuel Rist, 39 ans, ancien agent de sécurité, et Laurent Boulanger, 28 ans, sans profession, déjà condamnés pour la profanation du cimetière juif d'Herrlisheim (Haut-Rhin) sont accusés de tentative de meurtre raciste. Le 8 septembre 2005, à Rouffach, une petite ville située près de Colmar, ils auraient piégé à l'explosif le cabanon de jardin d'un retraité de 66 ans, Lhabib Benamar, et l'auraient grièvement blessé au moment où il ouvrait la porte.

Mais les accusés n'en sont pas à leurs premiers démêlés avec la justice puisqu'ils avaient déjà été condamnés en septembre 2007 respectivement à 30 et 18 mois de prison ferme pour avoir profané 117 pierres tombales du cimetière juif de Herrlisheim avec des sigles SS, des croix gammées et celtiques et des slogans antisémites, en avril 2004. En outre, Rist est poursuivi pour l'assassinat en pleine rue d'un homme d'origine marocaine en 2001, meurtre qu'il a d'abord reconnu avant de se rétracter.

Quant à l'attentat de Rouffach, il avait été revendiqué dans la presse locale par la cellule autonomiste "Tiwaz 2882", présentée comme une création de Rist, un nom renvoyant à un numéro d'une plaque militaire nazie retrouvée sur lui. C'est l'inscription qui apparaissait déjà sur l'une des tombes du cimetière juif, qui a permis aux enquêteurs de relier les deux affaires.

Dans l'affaire du cabanon, Rist a d'abord avoué une intention de tuer - ce qui lui vaut les assises -, avant de finalement n'admettre que des dégradations matérielles commises sous l'influence de son coaccusé.

« La question centrale du procès sera de savoir si mon client avait l'intention de tuer, ce qu'il nie : il risquerait alors une condamnation à la perpétuité », a déclaré l'avocat d'Emmanuel Rist, Maître Renaud Bettcher.

Pour l'avocat de la victime, Maître Jean-Luc Vonfelt, l'intention meurtrière aggravée ne fait pas de doute: « Pour que l'explosion se déclenche, il fallait qu'il y ait une action humaine. Si le seul but de Rist était de faire sauter le cabanon, il n'aurait pas eu besoin d'installer un tel dispositif derrière la porte », argumente l'avocat.

Emmanuel Rist et Laurent Boulanger risquent la réclusion criminelle à perpétuité pour tentative d'homicide aggravée du fait de l'origine de la victime.

La Licra et SOS Racisme se sont constitués parties civiles dans cette affaire. L'issue du procès est attendue pour ce vendredi 13 mars.





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