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Les pays arabes et sud-américains se rencontrent

Rédigé par Bensilmane Hafida | Jeudi 12 Mai 2005

C’est à Brasilia (Brésil) que s’est tenu le premier sommet entre pays arabes et sud-américains. Ouvert mardi 10 mai 2005, il avait en vue de donner naissance à une alliance nouvelle entre deux régions distantes mais qui veulent coopérer davantage sur les plans économique et politique. Cette rencontre inédite a rassemblé les leaders des 22 membres de la Ligue arabe et des 12 pays de la Communauté sud-américaine.



C’est à Brasilia (Brésil) que s’est tenu le premier sommet entre pays arabes et sud-américains. Ouvert mardi 10 mai 2005, il avait en vue de donner naissance à une alliance nouvelle entre deux régions distantes mais qui veulent coopérer davantage sur les plans économique et politique. Cette rencontre inédite a rassemblé les leaders des 22 membres de la Ligue arabe et des 12 pays de la Communauté sud-américaine.

 

« Nous sommes devant une occasion historique de poser les jalons d'une forte coopération entre Amérique du Sud et monde arabe », a déclaré le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, à l'ouverture du sommet. Lula a rappelé que son pays était à l'origine de ce sommet dont l'objectif est de « travailler au rapprochement de deux régions lointaines ».

 

Irak, « source de grande préoccupation »

 

M. Moussa, le secrétaire général de la Ligue arabe, a souligné que l'ensemble de la communauté arabe souhaitait « un nouvel avenir basé sur la réconciliation nationale où l'Irak retrouvera sa souveraineté et son indépendance ».

 

Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, co-président du sommet en tant que président de la Ligue arabe, a qualifié l'Irak de « source de grande préoccupation dans la région ».

« Ce pays qui a tant souffert doit avoir des organisations démocratiques pour assurer au peuple irakien paix, sécurité et stabilité, et retrouver de manière souveraine son unité nationale et son intégrité territoriale », a-t-il estimé.

 

Le ministre tunisien des Affaires étrangères Abdelbaki Hermassi, a confirmé pour sa part que les pays arabes présents ont souhaité que l'Irak « retrouve son intégrité territoriale et fasse évoluer ses institutions dans le sens le plus représentatif possible d'une société qui est une véritable mosaïque ».

 

Le président vénézuélien Hugo Chavez a provoqué un peu d'émotion en dénonçant « l'occupation américaine en Irak » juste après une intervention de M. Talabani qui expliquait la situation politique du pays. M. Talabani a redemandé la parole pour souligner que « les troupes étrangères sont présentes en Irak dans le cadre d'une résolution » des Nations unies, affirmant que « l'Irak fera son possible pour récupérer sa souveraineté ». Il a demandé aux pays participants leur aide pour combattre le terrorisme, « un fléau international ». « Pour chaque Américain tué, 300 Irakiens innocents sont tués », a-t-il ajouté.

  

Contrecarrer l’hégémonie américaine

 

Les chefs de la diplomatie et hauts représentants des pays arabes et sud-américains ont en commun de vouloir contrecarrer l'hégémonie américaine et développer leurs débouchés commerciaux. Le ministre des affaires étrangères brésilien, Celso Amorim, a appelé à une « alliance entre les civilisations » rappelant les liens existant déjà, résultats de 150 ans d'immigration syro-libanaise en Amérique du Sud.

Le ministre d'Etat algérien Abdelaziz Belkhadem a souhaité l'établissement d'une « coalition sur le plan culturel, économique et politique ».

Le sommet devait aussi être l'occasion de faire un bilan des relations internationales, selon M. Belkhadem, qui a déploré les « tensions » au Moyen-Orient, citant la question palestinienne comme un point important abordé à Brasilia.

 

La cause palestinienne

 

Cette rencontre à vu l’adoption d’une déclaration commune condamnant l'occupation israélienne dans les territoires palestiniens et appelant à l'instauration de mesures de libre-échange permettant aux pays pauvres de se développer.

La Déclaration de Brasilia a été adoptée par les dirigeants de 34 pays d'Amérique du Sud, d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Cette déclaration commune condamne par ailleurs le terrorisme, dénonce les sanctions américaines contre la Syrie et souhaite une meilleure représentation des pays en voie de développement sur la scène internationale.

 

Le document, adopté à l'issue du premier sommet des pays arabes et sud-américains, réclame le démantèlement des colonies israéliennes et le retrait au niveau de ses frontières d'avant 1967. Le texte dénonce le terrorisme mais proclame le droit des peuples « à résister à l'occupation étrangère conformément aux principes du droit international et aux droits internationaux de l'homme ». La déclaration soutient les initiatives pour la paix au Proche-Orient, dont la feuille de route soutenue par les Etats-Unis, l'Union européenne, la Russie et les Nations unies.

 

En marge du sommet, afin d'encourager des échanges bilatéraux encore limités (10 milliards de dollars - 7,8 milliards d'euros - par an), le Brésil a organisé une foire réunissant 1 200 industriels dont 200 arabes. Beaucoup ont confié trouver en Amérique du Sud des produits plus compétitifs qu'en Europe ou aux Etats-Unis et un climat des affaires moins crispé vis-à-vis d'un monde arabe mal perçu depuis les attentats du 11 septembre 2001.





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