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Religions

Les musulmans demissionnent de l'AMJF face au silence des partenaires juifs

Rédigé par | Vendredi 16 Janvier 2009

"Toute la partie musulmane est partie jeudi", a indiqué Djelloul Seddiki, coprésident de l'association d'Amitié judéo-musulmane dont le recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, est président d'honneur. Les raisons de cette démission: le silence des partenaires juifs face aux "crimes de guerre" israéliens à Gaza.



Les musulmans demissionnent de l'AMJF face au silence des partenaires juifs
En l’« absence totale de condamnations » de l’offensive israélienne à Gaza, les représentants musulmans de l’Amitié judéo-musulmane de France ont démissionné de l’instance, ce jeudi. Cette association créée en 2005 engagée dans le dialogue entre les deux communautés n’a pas survécu au conflit.

« On ne pouvait pas rester » a expliqué à l’AFP Djelloul Seddiki, co-président démissionnaire et directeur de l’institut théologique de la mosquée de Paris. Il déplore le silence de ses partenaires juifs au sein de l'AJMF, et ce, malgré le très lourd bilan humain de l'opération israélienne dans la population de Gaza.

« Ce silence ne peut être justifié que par une complicité à l’égard de ces crimes de guerre et qui rend les abc du dialogue et de l’amitié escomptés caduques, non opératifs et par conséquent dépourvus de toute crédibilité », a-t-il précisé dans un communiqué pour expliquer les raisons de ce départ. « On ne se parle plus. Ils ne m'ont plus appelé depuis le début de la guerre » a-t-il ajouté.

Au lendemain des premières opérations israéliennes sur Gaza, le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) avait déploré dans un communiqué « les victimes notamment civiles » en imputant la responsabilité de la situation au Hamas. Le conseil renouvelait, dans ce texte, sa « confiance aux autorité israéliennes pour assurer la sécurité de leurs citoyens ».

Lundi 12 janvier, l’intervention du Grand Rabbin de France allait dans le même sens, sans jamais dénoncer les actes commis par l’armée israélienne. Dans un entretien au Figaro, Gilles Bernheim avait déclaré : « Ma compassion, comme celle de tous mes coreligionnaires, s'étend aux populations civiles palestiniennes et je regrette que les guerriers du Hamas soient entrés dans une folie meurtrière qui les dépasse et les broie ».

Pourtant, mercredi 14 janvier, Richard Prasquier, président du CRIF, a vivement condamné l'utilisation du mot « génocide » entendu dans les manifestations en soutien au peuple palestinien pour qualifier l’action israélienne à Gaza. Selon lui, « il faut conserver leur sens aux mots, il est scandaleux et mensonger d’utiliser le mot de génocide pour parler des morts de gaza, qui me bouleversent mais qui n’ont rien à voir avec ce que fut la Shoah en Pologne, ou avec le Rwanda », avait-t-il déclaré en marge d’une cérémonie œcuménique à Toulouse.





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