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Société

Les médecins à diplôme étranger dans la rue

| Mercredi 25 Octobre 2006

Cet après midi à Paris, les médecins « étrangers » manifesteront devant l’Assemblée nationale à partir de 13h afin de réclamer les mêmes droits sociaux et économiques que leurs collègues. Ces médecins à diplômes étrangers exercent le même métier que les Français pour un salaire moindre et sans bénéficier des droits leur permettant d’établir un plan de carrière stable en France.



Les médecins à diplôme étranger manifesteront à nouveau mercredi à Paris pour exiger le même statut et le même salaire que leurs collègues français. A l'appel de leur intersyndicale ils se rassembleront à partir de 13h à proximité de l'Assemblée nationale, où se discute actuellement le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2007.
La mise en place d'un examen pour intégrer les médecins à diplôme étranger est prévue dans le cadre de ce projet de loi 2007, mais pour un nombre limité d'entre eux, ce qui provoque la colère de l'Intersyndicale nationale des praticiens à diplôme hors Union européenne (INPADHUE), à l'origine de ce nouvel appel à la mobilisation.

« Plus de 3.000 postes de praticiens hospitaliers sont vacants dans les hôpitaux. Ces vacances sont compensées actuellement par le recrutement » des médecins étrangers « à moindre coût », dénonce l'intersyndicale dans un communiqué. « L'économie faite sur ces postes budgétés est significative. Les pouvoirs publics craignent-ils un surcoût en intégrant les médecins à diplôme étranger ou la perte des économies conséquentes réalisées depuis des décennies grâce à ce recrutement ? » S’interroge l'intersyndicale.

Selon elle, la proposition du gouvernement intégrée dans le PLFSS 2007 pour les médecins étrangers prévoit un examen pour les praticiens recrutés dans les hôpitaux avant la date du 10 juin 2004, mais avec un nombre de bénéficiaires limité. L'intersyndicale dénonce donc la mise en place d'un "quota". Cette mesure, selon l'INPADHUE, « laisse conclure de façon évidente que le souci n'est pas celui de vérifier leur niveau de compétence », mais de maîtriser le « taux de réussite à l'examen », le « nombre des bénéficiaires ainsi que la perte du bénéfice financier engendré par l'intégration de ces praticiens! »

Cela fait plus de deux ans que les médecins hospitaliers à diplôme étranger se mobilisent régulièrement afin d'exiger un statut et un salaire équivalents à ceux de leurs confrères français.

La situation des médecins étrangers en France


6 750 praticiens à diplôme hors Union Européenne (Padhue) exercent en France aujourd’hui. Palliant à un déficit de plus en plus prononcé dans la profession, les médecins étrangers ne jouissent pourtant pas des mêmes droits que les médecins dont le diplôme a été obtenu en France : leur salaire est, par exemple, trois fois moins élevé. Notons qu’un tiers de ces médecins vient du Maghreb, 16% du Maroc et de la Tunisie, et 14,3% sont Algériens. 12,7% viennent d’Afrique noire.

Parmi elles, « 4 000 sont en formation et 3 000 exercent en centre hospitalier ou en centre hospitalier universitaire. La France a ainsi créé un statut « bâtard » où des médecins exercent dans des hôpitaux publics sans être reconnus officiellement comme médecins ! » Déclarait Talal Annani, président du syndicat à diplôme hors Européen (SNPadhue), à notre confrère afrik.com le 21 avril 2006.

Depuis 1999, les médecins étrangers sont dans l’obligation de passer le concours de médecine générale afin de pouvoir exercer en France. «Je me retrouve donc, après des années d’expérience en gynécologie, à devoir répondre à un examen portant sur des connaissances de première année de médecine ! C’est comme si je vous demandais de repasser le bac après dix ans d’études supérieures. » Insiste Talil Annani.

Déplorant ainsi la situation des médecins en France, il rappelle le grave déficit qui sévit dans notre pays, « Demain, les départs à la retraite seront supérieurs aux entrées en fac de médecine ! Mais face à cela, l’Etat préfère cantonner les médecins étrangers dans des situations précaires en les soumettant à des contrats renouvelables tous les ans. (…) Très souvent, les Padhue sont obligés d’effectuer jusqu’à 20 gardes par mois pour toucher un salaire équivalent à un médecin français qui ne ferait pas de garde ! (…) nous sommes confrontés à une discrimination entretenue par l’Etat ! »





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