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Les enfants palestiniens occultés dans un congrès franco-israélien

Rédigé par Mom Nicolas | Lundi 21 Mars 2005

A Toulouse, aujourd’hui commence une rencontre franco-israélienne. Sur la victimologie de l’enfant, ce colloque suscite des polémiques. Et pour cause, l’enfant palestinien est occulté, inexistant du programme. Ce qui n’a pas manqué de déclencher de vives protestations, d’autant plus que les pouvoirs publics s’érigent en partenaires.



A Toulouse, aujourd’hui commence une rencontre franco-israélienne. Sur la victimologie de l’enfant, ce colloque suscite des polémiques. Et pour cause, l’enfant palestinien est occulté, inexistant du programme. Ce qui n’a pas manqué de déclencher de vives protestations, d’autant plus que les pouvoirs publics s’érigent en partenaires.  

                  

Ce matin doit se dérouler le deuxième congrès international des rencontres franco-israéliennes de victimologie de l’enfant. Ce colloque se passe à Toulouse et durera 3 jours du 21 au 23 mars 2005. Un parrainage de premier choix, puisque le Ministère de la santé y participe de plein pied, accompagné du secrétariat d’Etat aux victimes ainsi que de la mairie de Toulouse.

 

Dans cette rencontre, l’enfant occupe une place centrale qui le resitue au cœur des conflits, plus particulièrement celui du Proche-Orient. Belle initiative mais une seule fausse note : l’enfant palestinien est inexistant dans ce programme. Ce qui a fait réagir bon nombre d’associations dont la CAPJPO, la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), et des universitaires du monde entier dont des israéliens.

 

Michel Tubiana, le président de la LDH, s’est exprimé dans une lettre adressée à Philippe Douste-Blazy, ministre des Solidarités, de la santé et de la famille. Il dénonce le fait « que seule la situation des enfants israéliens sera traitée ». Il ajoute « plus que toute autre victime, un enfant est frappé de plein fouet par la guerre et tous les enfants comme toutes les victimes méritent notre attention. Il ne s’agit pas ici de vous demander de respecter un équilibre entre les victimes de ce conflit. Il s’agit de considérer qu’une victime n’a pas de nationalité. C’est un homme, une femme ou un enfant qui souffre ».

 

Les universitaires s’indignent

 

Sur le site www.europalestine.com, de nombreux témoignages d’universitaires israéliens sont publiés. Ils se positionnent tous contre une telle initiative qui « non seulement occulte les victimes palestiniennes, mais laisse en outre penser que les attentats kamikazes sont le fait de l'antisémitisme et non de l'occupation israélienne ». Maintes fois qualifié de « honteux », ce colloque présente pour un militant de la paix israélien une occultation des « horreurs quotidiennes commises par les autorités israéliennes dans cette région, [leur donnant] une absolution et les [dédouanant] ipso facto de leurs crimes et de leur responsabilité dans les souffrances de tous ces enfants, principalement palestiniens, mais aussi israéliens. ».

 

Une pétition a même circulé dans les milieux universitaires français et a été envoyée aux organisateurs. « En tant que membres de la communauté universitaire française, nous sommes scandalisés par le parti pris du programme du congrès : 'La place de l'enfant dans l'espace du conflit'. […] L'éthique médicale et l'objectivité scientifique auxquelles nous sommes tous attachés sont au service de la paix et de la fraternité entre les hommes […].Or ce congrès témoignera uniquement des traumatismes de l’enfance israélienne en occultant la souffrance de l’enfance palestinienne victime de la politique d’occupation militaire et de colonisation de l’Etat israélien. » dénonce-t-elle.

 

Le mot « palestinien » a été rajouté

 

Ces réactions n’ont pas été vaines. Elles n’ont pas manqué de faire réagir les organisateurs, dont les pouvoirs publics. « Ainsi, le mot 'palestiniens' a été rajouté à deux communications faites par des Israéliens, et le titre de la communication du Dr Eric Ghozlan : 'Les enfants, nouvelles victimes de l'antisémitisme', est devenu 'Les enfants nouvelles victimes'. De même, Philippe Douste-Blazy a renoncé à son allocution d'ouverture lundi et a galamment cédé sa place à sa collègue Nicole Guedj, représentante du CRIF au sein du gouvernement (voir article du Point de cette semaine qui raconte les propos impudents de cette responsable du CRIF, du Consistoire israélite de France, et de l'Union des Patrons Juifs de France). » remarque le site Europalestine.  Douste-Blazy serait même à la recherche d’un médecin palestinien.





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