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Société

Les crèches juives subventionnées, la laïcité revisitée par Paris

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Mercredi 13 Avril 2011

           

Le « deux poids, deux mesures » dans l'application des lois relatives à la laïcité est aujourd'hui mis en évidence. Le Conseil régional d’Ile-de-France, sous l’impulsion de quelques élus de gauche – exception faite des socialistes -, veut mettre fin aux aides publiques octroyées aux structures confessionnelles d'accueil de jeunes enfants. Sont visées les crèches confessionnelles juives à qui la Mairie de Paris leur octroie deux millions d’euros chaque année sans que PS et UMP ne daignent s'offusquer de l'entrave faite à la laïcité.



Les crèches juives subventionnées, la laïcité revisitée par Paris
Le conseil régional d’Ile-de-France ne souhaite plus subventionner les crèches confessionnelles. Parce qu’elle en subventionnait auparavant ? Manifestement oui.

Lors de la séance plénière du conseil régional, un amendement a été voté, jeudi 7 avril, visant à exclure des aides régionales les structures confessionnelles d’accueil collectif des jeunes enfants.

« Chaque famille doit être libre de choisir le mode d’accueil collectif de ses enfants et rien ne doit s’opposer à ce que des crèches confessionnelles puissent exister. Mais en aucun cas le contribuable ne doit être mobilisé pour financer de telles structures », ont souligné les élus du Parti Radical de Gauche (PRG) et du Mouvement Unitaire Progressiste (MUP), à l’origine de la proposition.

La laïcité revisitée par l’UMP

Outre le PRG-MUP, les élus du Front de gauche, d’Europe Ecologie-Les Verts et du Nouveau Centre ont voté pour. Les élus UMP ont manifesté leur opposition contre l'amendement alors même qu’une convention du parti majoritaire portant sur la laïcité – et surtout l’islam – s’était tenue le 5 avril dernier.

Pour rappel, tous les responsables de l’UMP avaient signifié leur opposition au financement public de mosquées et de structures à caractère religieux au nom de la sacro-sainte « laïcité » et ont mis en avant les « problèmes » tels que celui rencontré dans la crèche privée « Baby Loup » dans laquelle une salariée, revenue voilée d’un congé parental, a été licenciée. En revanche, donner de l’argent public à des crèches privées qui se déclarent ostensiblement non laïques ne les gêne absolument pas.

Le PS ferme les yeux aux Loubavitch

Enfin, dans les rangs des hypocrites, on retrouve en tête les socialistes qui ont préféré s’abstenir de voter. La raison en est devenue évidente. La Mairie de Paris, dirigée par le maire PS Bertrand Delanoë, accorde en effet chaque année depuis une dizaine d'années deux millions d’euros à 14 crèches ou halte-garderies juives, qui accueillent près d’un millier d’enfants. Au titre de l’année 2010, le même montant a été versé à celles-ci, sous la bénédiction de l’UMP et particulièrement du maire du 16e arrondissement Claude Goasguen, président du groupe parlementaire d'amitié France-Israël.

Auparavant, seuls les radicaux de gauche et les communistes sont montés au créneau pour dénoncer l’attribution de deniers publics à des structures confessionnelles. Pourtant, ces crèches juives sont gérées par le mouvement orthodoxe juif loubavitch.

Ces structures, concentrées dans le 19e arrondissement, n’accueilleraient pas les enfants dont les parents sont non-juifs ou encore ferment le vendredi après-midi, ce qui est contraire aux règles stipulées dans les conventions signées entre ces crèches et la Mairie de Paris. La forte participation de la communauté juive parisienne dans la vie politique locale et les enjeux électoralistes qui en découlent expliquent en partie la position laxiste de M. Delanoë.

« Ces établissements ne respectent pas, dans la plupart des cas, les principes laïcs et républicains. On y trouve des signes religieux ostentatoires. Il y a une discrimination directe ou indirecte dans l’accueil des enfants en fonction de leur confession ; l’ouverture continue du lundi au vendredi soir n’est pas respectée », a déclaré Eddie Aït, président du groupe PRG à la région.

Les principes laïcs ne valent-ils que pour les musulmans ?

Du côté du Beth loubavitch de France, interrogé par Le Parisien, on dénonce le « mauvais procès » qui leur est intenté, « essentiellement pour des questions idéologiques ». « Il n’y a pas d’enseignement religieux dans ces établissements. Ce sont des crèches, pas des écoles. La seule spécificité de nos établissements, c’est l’alimentation (casher, ndlr), mais il n’y a aucune opposition de principe à l’accueil d’enfants non juifs », rétorque Haïm Nisembaum, la porte-parole du mouvement.

L'information est passée inaperçue mais elle met en lumière des pratiques locales opaques qui contredisent les discours publics des responsables politiques. Finalement, le financement des cultes n’est pas un souci pour la majorité parisienne, de l’UMP ou du PS sauf dès lors qu'il touche de près ou de loin le culte musulman. La décision du Conseil régional, à laquelle M. Delanoë est sensé désormais s’y conformer, change la donne. Reste à savoir si elle sera suffisante pour que la Mairie de Paris modifie ses habitudes.





Réagissez ! A vous la parole.

1.Posté par rachid le 13/04/2011 11:50 | Alerter
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L’Islam veut sa place dans le droit des religions
L’Islam prend progressivement sa place dans le droit des religions des pays européens, qui se heurtent cependant à la difficulté d’interlocuteurs multiples, ont relevé hier les parlementaires du Conseil de l’Europe.
«Les religions, dont les institutions sont façonnées par des cultures non européennes ont du mal à s’intégrer dans le cadre fixé par les Etats européens», relève un rapport sur la dimension religieuse du dialogue interculturel débattu à Strasbourg.
Selon ce document, le problème majeur est lié à la difficulté des communautés musulmanes de dégager de manière autonome une représentation remplissant les critères fixés par les pouvoirs publics. Ceux-ci «sont ainsi confrontés à une pluralité d’associations, de fédérations et de groupements musulmans, alors que la représentation des communautés religieuses chrétiennes et juives a été historiquement construite sur un mode très centralisé», souligne l’auteur de ce rapport, la parlementaire luxembourgeoise Anne Brasseur. (AFP)

2.Posté par rachid le 13/04/2011 13:45 | Alerter
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http://assembly.coe.int/Main.asp?link=/Documents/WorkingDocs/Doc11/FDOC12553.htm
La dimension religieuse du dialogue interculturel

Rapport1

Commission de la culture, de la science et de l’éducation

Rapporteur: Mme Anne BRASSEUR, Luxembourg, Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe
L’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme («la Convention», STE No. 5) garantit le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Cette liberté représente l’une des assises d’une «société démocratique» au sens de la Convention; elle figure, dans sa dimension religieuse, parmi les éléments les plus essentiels de l’identité des croyants et de leur conception de la vie, mais elle est aussi un bien précieux pour les athées, les agnostiques, les sceptiques ou les indifférents.

4. L’affirmation de ce droit inaliénable implique la liberté pour chacun d’avoir (ou non) une religion et de manifester sa religion individuellement et en privé, ou de manière collective, en public et dans le cercle de ceux dont on partage la foi. Les Eglises et communautés religieuses ont, en Europe, le droit d’exister et de s’organiser de manière autonome. Néanmoins, la liberté de religion ainsi que la liberté d’avoir une vision philosophique ou laïque du monde sont indissociables de l’acceptation sans réserve, de la part de tous, des valeurs fondamentales inscrites dans la Convention.

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