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Les Vingt-sept élaborent une 'boite à outils' commune pour mieux intégrer leurs étrangers

| Mardi 4 Novembre 2008

Les ministres européens sont réunis depuis hier à Vichy (Allier), à l'initiative de la France, pour étudier les meilleurs procédés d'intégration. Cette conférence qui prendra fin aujourd'hui, fait suite au sommet de Bruxelles, mi octobre, où le Pacte européen sur l'immigration et l'asile a été adopté. Associations et partis politiques de gauche l'ont vivement critiqué. Une manifestation en marge des débats a rassemblé 2000 personnes.



Les Vingt-sept élaborent une 'boite à outils' commune pour mieux intégrer leurs étrangers
"Nos politiques d'intégration sont à bout de souffle", "tous les pays d'Europe sont concernés" a martelé le ministre de l’Immigration, Brice Hortefeux, lors de son allocution d’ouverture à la conférence ministérielle européenne sur l’intégration. C’est autour de cette question que les vingt-sept partenaires européens sont réunis depuis hier à Vichy, à l’initiative de la présidence française de l’UE, pour une séance de travail de deux jours. Objectif affiché du ministère français: échanges de procédés en la matière dans le but d’améliorer les parcours d’intégration des immigrants légaux. Une "boite à outils" commune sera d’ailleurs présentée par la France dans la déclaration de clôture, ce mardi.

En marge des débats, une manifestation pour "une Europe des droits de l’Homme" a rassemblé 2000 personnes. La marche a eu lieu en centre ville de Vichy à l’appel de plusieurs associations et partis politiques de gauche dont Attac, la FSU, RESF, la LCR, le PCF le PS et les Verts. Dimanche déjà, à Cusset dans l’Allier se tenait un contre-sommet festif en signe de protestation contre "la politique sécuritaire" du gouvernement. Le même jour, une trentaine de personnes s’étaient rassemblées à Paris pour dénoncer le choix de la ville de Vichy pour la tenue de cette conférence sur l’intégration des étrangers en Europe.

Dans une interview accordée au magazine Challenges du lundi 3 novembre, Christophe Bertossi, chercheur et responsable du programme "immigration" à l’Institut français des relations internationales (Ifri), fait part de ses craintes : "La conférence de Vichy m’inspire interrogation et doutes. D’abord parce que la question de l’intégration n’est pas de la compétence européenne, mais de la compétence de chaque Etat membre. Or chaque pays a sa propre culture, sa propre histoire. Ma crainte est que l’Union européenne trouve des positions communes davantage sur les questions de sécurité, de police que sur une vraie politique sociale commune ".

Cette conférence fait suite au Pacte européen sur l’immigration et l’asile adopté lors du sommet de Bruxelles du 16 octobre dernier. Et à la volonté farouche d’organiser cette immigration légale, la question de l’intégration y est intimement liée pour le ministre français de l’immigration : "nous mettons en place une politique de maîtrise des flux migratoires en organisant l'immigration légale". "Parallèlement, il faut que l'on relève le défi de l'intégration car l'intégration, cela ne marche pas globalement dans toute l'Europe" a-t-il déclaré hier. Pour cela plusieurs vecteurs d’intégration sont étudiés et parmi les voies de choix : l’apprentissage de la langue et l’accès à l’emploi font partie "des besoins élémentaires pour s’intégrer" selon le ministère, sans oublier la promotion des femmes et le dialogue interculturel, notamment.

Fadela Amara, secrétaire d’Etat à la Ville, dont le parcours a été présenté comme le "symbole" d’une intégration réussie, s’est exprimée aux cotés de Brice Hortefeux pour que les femmes soient "un public prioritaire des politiques d’intégration".






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