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Les Tarterets auront leur mosquée

Rédigé par Dramé Ibrahima | Lundi 24 Février 2003

A deux pas d’Evry, la cité des Tarterets. Une mini-ville d’environ 12000 habitants qui partagent les 30 tours du quartier. La population cloisonnée dans cet agrégat d’habitations a longtemps souffert de l’image de leur cité. Les Tarterets qui ont longtemps rimé avec drogue, violence, émeutes semblent se transformer. « Grâce à l’Islam, la prêche aux plus jeunes, le quartier s’est calmé » rapporte M.Bouzar, président de l’Association Culturelle des Musulmans de Corbeil-Essonnes.



A deux pas d’Evry, la cité des Tarterets. Une mini-ville d’environ 12000 habitants qui partagent les 30 tours du quartier. La population cloisonnée dans cet agrégat d’habitations a longtemps souffert de l’image de leur cité. Les Tarterets qui ont longtemps rimé avec drogue, violence, émeutes semblent se transformer. « Grâce à l’Islam, la prêche aux plus jeunes, le quartier s’est calmé » rapporte M.Bouzar, président de l’Association Culturelle des Musulmans de Corbeil-Essonnes.

 

Au numéro 1 de la rue Paul Langevin, au pied d’une des tours, rien ne soupçonne ici, la présence d’une mosquée. C’est pourtant depuis 1997, « la cave insalubre » où se réunissent les fidèles et qui accueille l’association. M.Bouzar, jeune français de 23 ans, s’est lancé dès son élection à la tête de l’association dans le projet de construction d’un lieu de culte décent. Les travaux entamés en juillet 2002 devraient prendre fin d’ici six mois.

 L’association culturelle des musulmans de Corbeil-Essonnes.

Entouré d’une jeune équipe, Ouahib Bouzar compte bien donné un double rôle au futur lieu de culte. La population des Tarterets a visiblement besoin d’un lieu où elle pourrait se réunir pour l’accomplissement de la prière. Mais le président de l’association intègre à ce rôle purement religieux  l’apprentissage de la citoyenneté. Il est important selon lui de faire prendre conscience aux jeunes qu’ils sont français, que sans leurs cartes d’électeurs, ils n’existent pas dans la société « il faut entrer dans ce système ! » A côté de ce rôle, éducatif et citoyen, la dimension culturelle propre à la civilisation musulmane ne doit bien entendu pas être négligé, « nous ne pouvons renier notre identité, si on l’a renie, forcement on est mal dans sa peau » Le discours de l’association est clair : « Nous sommes jeunes citoyens français et de confession musulmane ; mais rien n’empêche de respecter, et de vivre dans le cadre républicain et laïc de la France. Au contraire, l’Islam nous incite à être responsable, avoir un comportement exemplaire, être tolérant et œuvrer pour le bien de tous dans notre société »

 

Les jeunes bénévoles, acteur de l’association.

Dans l’association, c’est la course à la recherche de fonds pour le paiement de l’entreprise chargée des travaux. Tous les mois le capital retombe à 0. Pour le bon déroulement des travaux, M.Bouzar compte sur la générosité des donateurs. C’est un réel programme de collecte qui est mis en œuvre au centre. Tous les vendredis, les bénévoles, des jeunes en majorité, parcourent les mosquées de la région à la sortie de la prière du vendredi. En semaine, et les samedis, les jeunes sillonnent les marchés. Samedi dernier, le marché de Montfermeille et de St Denis étaient au programme. « Les donateurs sont très généreux » rapporte M.Bouzar, « …il arrive qu’un fidèle vienne faire don de 4000 euros à l’association » Le bilan de la semaine passé a été de 5600 euros. Il reste tout de même que le travail de collecte est difficile, les jeunes, tous bénévoles s’impliquent au mieux dans l’association, «…mais on ne peut pas leur en demander trop »

 

L’Islam, plus dans les caves

90% des lieux de cultes musulmans en France sont de vieux entrepôts, des caves aux pieds d’immeubles, des appartements exigus. Les Tarterets n’échappent pas à cette règle alarmante. Au moins une fois par mois, des fuites d’eaux usées s’écoulent dans le lieu de culte : « Nous sommes sous-terre, nous sommes cachés», se plaignent les fidèles. Selon M.Bouzar, tous ceci alimente un sentiment de frustration, de honte de son identité, qui forcement se comble par la haine. La mosquée en construction compte bien lutter contre cela. Un terrain de 2000 m2, un bâtiment sur 3 niveaux se divisant en deux parties : une partie culturelle au rez-de-chaussée, une autre partie destinée à la prière à l’étage  font la fierté des Tarterets.

 

Suspicion de la classe politique ?

Les projets de constructions de mosquées ont souvent posé des problèmes en France. La prise de conscience récente du besoin d’encourager la construction des lieux de cultes laisse entrevoir un changement pour les musulmans. Il est clair qu’a la suite des attentats du 11 septembre,  les musulmans ont du faire un effort de mise en confiance vis à vis des pouvoirs publics. Pour le président de l’association culturelle des musulmans de Corbeil-Essonne, tout dépend du travail entrepris au préalable : « Nous avons prouvé à travers nos actions qu’il n’y avait pas lieu à la suspicion, nous avons toujours eu de bonnes relations avec notre municipalité, nous nous sommes entendus par rapport à des intérêts communs, nous œuvrons tous pour le bien de la société…de plus les jeunes ont changé » ajoute-t-il « cela nous donne une certaine crédibilité »

 

L’Islam : espoir pour les Tarterets.

Les jeunes eux même ont pris conscience de ce que l’Islam leur a apporté. Comme tous les samedis, après la prière de l’après-midi, ils se réunissent dans la salle de prière. Un jeune se lève et prend la parole au milieu des aînés. Il motive pour apporter la parole de l’Islam et inviter leurs frères restés dans le quartier.

 

Il y a 4 ans, les Tarterets étaient connus pour leurs émeutes, les casses, et les voitures brûlées. Avec l’Islam, tout s’est calmé. «Pour ces jeunes, l’Islam c’est un mode de vie, un code de discipline » précise M.Bouzar.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 





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