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Les J.O de tous les combats et de toutes les croyances

Rédigé par Bamba Amara | Samedi 28 Août 2004

Les feux des projecteurs s’éteignent bientôt sur les J.O. d’Athènes. Les meilleurs athlètes du monde et les meilleures équipes d’amateurs seront bientôt tous connus. Ces nouveaux dieux des stades auront fait rêver la planète. Durant ces trois semaines, ils auront essayé de voler la une des journaux aux politiques et aux militaires. Certains se contenteront des leurs places de dieux, d’autres en profiteront pour faire connaître leur cause. Ce schéma n’est pas nouveau.



Les feux des projecteurs s’éteignent bientôt sur les J.O. d’Athènes. Les meilleurs athlètes du monde et les meilleures équipes d’amateurs seront bientôt tous connus. Ces nouveaux dieux des stades auront fait rêver la planète. Durant ces trois semaines, ils auront essayé de voler la une des journaux aux politiques et aux militaires. Certains d'entre-eux se contenteront de leur place de roi du stade, d’autres en profiteront pour faire connaître leurs causes. Mais ce schéma n’est pas nouveau.

 

Aux Jeux de Mexico (1968), lorsque les sprinters américains  Tommie Smith et John Carlos montent sur le podium pour recevoir leurs médailles du 200 m, ils portent des gants noirs. L’un lève le poing gauche l’autre lève le point droit. Tous les deux baissent la tête pour dénoncer le racisme qui prévaut dans leur pays. M. Smith et M. Carlos étaient deux « Black Power ». Un mouvement engagé dans une violente lutte de défense de la cause des Noirs américains. Par leur geste, ils invitèrent leur combat dans l’arène olympique.

 

Signe de croix ou Soujoud, chacun son style

L’on est familier des footballeurs brésiliens qui se signent devant la caméra après chaque but marqué ou simplement en entrant dans l’aire de jeu. Mais la championne de saut à la perche, la Russe Yelena Isinbayeva s’entretient longuement avec le manche de sa perche avant de s’élancer sur la piste. Nul n’a idée des confidences qu’elles se font. Mais la conversation porte ses fruits car l’athlète a franchi la barre de  4m90 devant sa compatriote Svetlana Feofanova.

Le Marocain Hicham El Guerrouj, médaillé d’or au 1500 m, porte une mystérieuse étiquette sur son maillot. Quel est donc le petit « secret » que garde Hicham sur cette pastille rouge ? « Ça c’est quelque chose d’intime » explique-t-il. Probablement un talisman maraboutique aux vertus suffisamment mystérieuses pour se payer la tête de tout contrôle anti-dopage ! Mais en franchissant la ligne d’arrivée du 1 500 m, en 3’34’’18 le quadruple champion du monde lève les yeux au ciel et se prosterne sur la piste dans un Soujoud de remerciement. Les Soujoud furent nombreux sur les rings, sur le tatami où de nombreux combattants venaient de Turquie, d’Egypte, d’Iran….

Une fois son adversaire battu, M. Karam Ibrahim salue le public, le juge, l’adversaire et se recueille en position de Soujoud avant de quitter la scène dans un spectaculaire salto arrière. Agé de 24 ans, ce nouveau champion olympique de la lutte greco-romaine (moins de 96 kg) est Egyptien.

L’Iranien Arash Miresmaeili développe un style plutôt différent. Double champion du monde en judo, il ne fait de doute que l’athlète caressait des rêves olympiques. Il était un des espoirs de médaille d’or les plus sûrs pour la République islamique. Cet espoir sera déçu dès le premier tour lorsque le judoka iranien choisit de ne pas livrer son combat contre l’Israélien Ehud Vaks. Pour éviter que le comité d’organisation des jeux ne sanctionne sa fédération, il se présentera à la séance de pesée avec des kilos en trop !! En Iran, le boycott des produits israéliens est un sport national incomparablement plus populaire que le judo. Le geste du judoka fut donc chaleureusement salué par ses compatriotes. Le président Khatami lui a ouvertement exprimé son soutien.

 

Une médaille pour la Palestine

 Etant la première palestinienne à participer à des Jeux Olympiques, Sanaa Abu Bkheet est entrée dans l’Histoire des jeux. Il est vrai qu’elle court les 800 mètres en 2’ 28’’11. Soit plus de 30 secondes derrière la championne olympique Kelly Holmes. L’athlète palestinienne ne se fait pas d’illusion: « je sais que je ne peux pas gagner de médaille durant ces Olympiades » confie-t-elle. A moins que le « lancer de pierres » ne devienne une discipline olympique, les jeunes Palestiniens ont peu de chances de se hisser au niveau qu’exige la compétition internationale. La situation d’occupation doit y être pour quelque chose.

A 19 ans, Sanaa poursuit ses études. Elle vit chez ses parents à Gaza, où toute circulation était régulièrement interdite pour cause de couvre-feux décrétés par l’armée israélienne. La plage est donc le lieu d’entraînement le plus sûr pour Sanaa. Avec son entraîneur Samir Al-Nabihin, il a fallu faire preuve de détermination et de persévérance pour braver les réticences de leurs concitoyens non habitués à voir une jeune fille courir sur la route ou sur la plage ! Pour toutes ces raisons, Sanaa mérite la médaille olympique du courage et de la résistance.

 





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