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Les Iraniens vont aux urnes

Rédigé par Bittar Farid | Samedi 21 Février 2004

Environ 46 millions d'Iraniens étaient appelés aux urnes vendredi 20 février. Hommes et femmes de plus de 15 ans sont appelés à choisir les 290 députés du septième Parlement de la République Islamique en proie à l’affrontement politiques entre les héritiers de l’Imam Khomeiny. Depuis l’élection de Mohammad Khatami à la présidence de la République en 1997, suivie de leur victoire aux législatives en 2000, les réformateurs ont été régulièrement confrontés à l’opposition des conservateurs dans un combat politique aux innombrables rebondissements. La victoire annoncée des conservateurs risque de rendre les choses encore plus difficiles pour le Président iraniens.



Environ 46 millions d'Iraniens étaient appelés aux urnes vendredi 20 février. Hommes et femmes de plus de 15 ans sont appelés à choisir les 290 députés du septième Parlement de la République Islamique en proie à l’affrontement politiques entre les héritiers de l’Imam Khomeiny. Depuis l’élection de Mohammad Khatami à la présidence de la République en 1997, suivie de leur victoire aux législatives en 2000, les réformateurs ont été régulièrement confrontés à l’opposition des conservateurs dans un combat politique aux innombrables rebondissements. La victoire annoncée des conservateurs risque de rendre les choses encore plus difficiles pour le Président iraniens.

Un bras de fer entre Réformateurs et Conservateurs
Dans l'opinion, la victoire des conservateurs ne fait guère de doute. La principale inconnue de ce scrutin réside dans le taux d’abstention que beaucoup annoncent fort. La campagne a été marquée par l'exclusion de nombreux candidats réformateurs censurés par le Conseil des gardiens de la Constitution réputé ultraconservateur. Environ 2.300 candidatures ont ainsi été refusées. Parmi elles les principales personnalités réformatrices, accusées de manquements à l'Islam et à la Constitution. Le Guide suprême, l'ayatollah Ali Khameneï, a tenté d'infléchir la décision du Conseil, sans succès. La plupart des réformateurs ont dénoncé une compétition faussée d’avance et certains ont demandé à leurs partisans de ne pas participer au vote.

Dans la ville de Qom d’où l’imam Khomeiny avait lancé la Révolution islamique, vivent 45 000 religieux pour une population de 800 000 personnes, à deux heures de routes de Téhéran. Cette ville considérée comme la capitale cléricale de l’Iran, doit voter trois députés. Interrogé par l’AFP, le théologien Mohammad Hadi Etemadi, affirme que 'Participer aux élections, c'est un devoir religieux. J'ai dit à toute ma famille de voter, mais je ne les force pas'.

La désillusion des Réformateurs
Les Réformateurs reconnaissent à présent leur défaite par avance. Nombre d'entre eux, tel le principal parti réformateur, le Front de la participation, ont préféré boycotter le scrutin.

Il faut dire que leurs projets ont régulièrement été mis en échec par l’ardeur des conservateurs. Ainsi leur souhait d'adhésion aux conventions internationales contre la discrimination des femmes et contre la torture a échoué. De même que leur volonté de faire adopter certaines lois de libéralisation de l'économie et de la presse. Si bien que les espoirs que les femmes et les jeunes d’Iran (70% de la population) avaient placés dans ce Réformateurs ont finalement mués en désillusion.

Pourtant, pour les observateurs de la société iranienne, de nombreux signes d'ouverture font croire que l’échec des reformes n’est pas total. Car un état d’esprit est désormais créé dans ce pays où le taux de chômage est estimé de 20 à 25% pour une inflation qui avoisine 30%. Des organisations autonomes existent à l’instigation d’ouvriers, d’étudiants ou d’acteurs sociaux luttant contre des fléaux comme la toxicomanie. Les nouvelles technologies de la communication ont prodigieusement évolué alors que la volonté de contrôle des Conservateurs sur ce secteur était affirmé. Trois millions de foyers ont bravé ces menaces pour s’équiper en matériel informatique avec accès Internet à un coût très onéreux. De nombreuses parutions réformatrices ont survécu à la fermeture.

On peut donc présager que, après leur victoire annoncée, les Conservateurs auront la voie libre pour poursuivre l'effort de réforme générale à laquelle il ne peuvent se soustraire durablement.

Le défi des Conservateurs
Pour M. Amir Mohebian, rédacteur en chef du quotidien Conservateur Ressalat, la défaite des Réformateur n’est pas un signe de radicalisation de l’Iran. 'Au contraire, dit-il, nous aurons une plus grande libéralisation dans les domaines économiques et sociaux. En matière politique, les tensions seront réduites et la vision plus pragmatique et professionnelle'.

La seule liste réformatrice, la Coalition pour l'Iran, s'est constituée en toute hâte. Avec 206 noms, elle n'a pas assez de candidats pour tous les sièges. Elle est conduite par le Président du Parlement sortant, Mehdi Karoubi, aussi réputé pour sa modération et sa loyauté au système que pour son amitié pour le Président Mohammad Khatami.

De l'autre coté, les conservateurs affichent une image dévouée à l'Islam et discrète, telle la liste des 'Bâtisseurs', en lice pour les 30 sièges de Téhéran. Trois chefs de file, Habibollah Asgarowladi, Asadollah Badamchian et Ali Eshagh, admis à concourir, ont ainsi décidé de céder leurs places aux jeunes.

Les premières indications sur le taux de participation et les premiers résultats devraient commencer à être annoncés aujourd’hui. Mais il faudra attendre deux ou trois jours les résultats définitifs. La date du deuxième tour devra être fixée dans le mois suivant.





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