SaphirNews: Au terme de ces cinq années, peut-on définir le profil d'un Dérouilleur ?
Zoubeir Ben Terdeyet: C'est un profil qui s’est élargi d’année en année. Car être Dérouilleur, c'est d'abord et avant tout un certain état d’esprit ! On peut situer la moyenne d’âge autour de 30 ans mais certains Dérouilleurs en ont vingt; on peut aller jusqu'à la cinquantaine. Il y a des hommes et des femmes, une réelle parité qui casse tous les clichés sur les réseaux qu’on pense exclusivement réservés aux hommes, notamment chez les musulmans. Nous avons une majorité de diplômés du supérieur avec beaucoup d’universitaires. D'autres ont fait des écoles de commerce ou d’ingénieurs, notamment parmi les plus jeunes qui accèdent de plus en plus à ces formations dites élitistes. Au départ, nous avions une majorité d’informaticiens et de financiers mais le cercle s'est vraiment élargi en direction des juristes, des commerciaux, des spécialistes du marketing et des métiers de la médecine, etc..
Mais on reste quand même dans les cercles parisiens ?
Certes une majorité de Dérouilleurs est en région parisienne mais une partie non négligeable est originaire de province. Le réseau s’est donc étendu aux provinces et même à l’étranger. Il y a également des étudiants et des actifs arrivés fraîchement en France que nous avons su rassembler.
Qu'est ce qui anime un Dérouilleur ?
En général, les membres qui sont inactifs ont pour objectif principal de trouver un emploi. Et ceux qui sont actifs veulent surtout, pour la plupart, donner de leur temps et partager leurs expériences. Bien entendu, il y a aussi ceux qui veulent enrichir leur carnet d’adresses et trouver des opportunités d’affaires. C'est tout cela qui fait les Dérouilleurs. Mais en termes de loisirs, les centres d’intérêts sont les mêmes que ceux des Français de la même condition sociale avec un certain intérêt pour l’apprentissage de la langue arabe et la participation à des activités culturelles liées à la culture musulmane.
Quel bilan tirez-vous de ces cinq années d'expérience ?
Personnellement, je trouve notre bilan très positif. Il faut avoir à l'esprit que nous avons fait le pari de l’indépendance et que nous fonctionnons sans subventions aucunes. De plus, tous nos services sont gratuits hormis la participation aux soirées qui permet de faire face aux frais. A ce jour, nous avons organisé 21 soirées sur Paris au rythme d'une par trimestre sans discontinuer durant 5 ans ! Nous avons aussi organisé des soirées à Londres, à Dubaï, à Genève, Strasbourg, Marseille et bientôt à Lyon.
Comment a évolué l'adhésion ?
Au départ nous étions une petite quarantaine d’amis. Nous sommes plus de 4000 membres régulièrement inscrits sur nos listes aujourd’hui ! Nous avons pu aider directement plus de 300 personnes à trouver un travail ou un stage. Ces données sont en dessous de la réalité car nous n'avons pas toujours de retours lorsque les membres décrochent un emploi par le réseau.