Fonctionnant sur le principe du « client est roi », rien n’est laissé au hasard et tout est fait pour séduire les touristes. Terrains de golf, croisières, centres de congrès, spas, restaurants ouverts nuit et jour, salles de gym et plages exclusivement réservées aux femmes un jour par semaine, etc. Dès lors que l’on a les moyens de payer, on peut tout faire et tout trouver – même jouer dans les casinos... interdits en islam.
Pour Mohamed, 26 ans, gestionnaire en back-office dans une grande banque française, la donne est différente. C’est un habitué des lieux. Il y a deux semaines, il rentrait de son quatrième voyage à Dubaï, où il était parti rendre visite à sa soeur qui y est installée. Ce qu’il aime à Dubaï ? « C’est une destination pas trop chère, ensoleillée toute l’année, idéale pour le musulman moderne. Il y a des mosquées partout, même dans les centres commerciaux, cela me permet de prier à l’heure, tout en pouvant pleinement profiter de mes vacances. Cela dit, c’est vrai qu’à part la plage et les magasins il n’y a pas grand-chose à faire. Ceux qui aiment la fête et les visites de sites culturels seront déçus », prévient-il.
En effet, nombreux sont ceux qui reprochent à Dubaï de manquer d’âme et d’Histoire, à l’inverse de ses voisins, le Qatar ou Oman, où l’on trouve un patrimoine historique plus riche. Imane, 26 ans, enseignante, le déplore. « Dubaï manque cruellement de paysages traditionnels ou authentiques, ce n’est pas comme Paris. Le pays est très bling bling, on ne voit que ça : l’argent, l’immobilier... Alors qu’à Doha, la capitale du Qatar, ils font en sorte de préserver l’identité culturelle de leur pays. Ils ont un musée ; et misent sur le sport, avec les Masters féminins de tennis, le grand prix de Formule 1... »
Dubaï, une destination qui fait rêver... mais qui ne doit pas faire oublier la situation de ses 700 000 travailleurs immigrés, véritables piliers de son ambition.