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Lecture de la lettre dans tous les lycées, ou presque

| Lundi 22 Octobre 2007

C’est à la demande de Nicolas Sarkozy que la lettre de Guy Môquet sera lue lundi dans tous les lycées de France, ou presque. Plusieurs enseignants ont fait savoir leur refus de lire la lettre.



Guy Môquet
Guy Môquet

Le sens du devoir

"Ma petite maman chérie, mon tout petit frère adoré, mon petit papa aimé, Je vais mourir !" Ainsi commence la lettre d'adieux écrite par Guy Môquet, résistant communiste arrêté par la police française et fusillé à 17 ans par l'occupant allemand le 22 octobre 1941.
Le président de la République Nicolas Sarkozy a annoncé le jour de sa prise de fonction le 16 mai que la lettre de Guy Môquet serait "lue en début d'année à tous les lycéens de France".

Cette lecture pourra se faire "en classe ou en grand groupe", par "toute personnalité dont l'engagement pourrait sensibiliser les élèves". Elle pourra être suivie de la lecture "d'autres" lettres et d'"une réflexion collective", selon une note du ministre de l'Education, Xavier Darcos, publiée au Bulletin officiel le 30 août.

Il s'agit d'honorer, selon cette note, "le sens du devoir, le dévouement et le don de soi", les valeurs de "courage et d'engagement" de ces Français "passionnément attachés à la liberté au point de sacrifier leur propre vie".

Lira ou lira pas

Sur le terrain, "l'organisation sera très variable selon les établissements", a affirmé à l'AFP Philippe Guittet, secrétaire général du SNPDEN-Unsa, syndicat majoritaire chez les proviseurs: simple lecture au premier cours du lundi, éclairage du contexte, témoignages d'anciens résistants, intervention de "personnalités" extérieures.

"Dans d'autres cas, la lettre ne sera pas lue mais des élèves vont sortir sur des lieux de la Résistance. Enfin là où le courant syndical est fort, il y aura un refus de s'investir dans cette commémoration", a expliqué M. Guittet.

Le Snes-FSU (syndicat majoritaire dans le second degré), appelle en les professeurs à "refuser" de participer à cette "cérémonie", estimant qu'on ne peut "fonder l'enseignement sur le recours à l'émotion, ni obéir à une prescription du président venant perturber une progression pédagogique construite selon une logique précise, s'inscrivant dans le respect des programmes".

Plusieurs enseignants, syndiqués ou non, joints par l'AFP, ont fait savoir en assemblées générales ou dans des motions aux recteurs leur refus de lire la lettre.





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