Travailler au sein d’une entreprise française, avoir un bureau, des collègues, être rompu au traditionnel « métro, boulot, dodo » : c’est le rêve de centaines de jeunes françaises musulmanes portant le voile. Un rêve qui peine à devenir réalité. Pourtant, ce ne sont pas les talents qui manquent. Avocates, spécialistes en droit international, infirmières, médecins, etc., les femmes musulmanes voilées sont « riches en compétences », comme le souligne Horia Demiati, trésorière du CIFE et elle-même spécialisée dans l’audit financier.
Télémarketing, garde d’enfants, engagements associatifs divers ou autres cours particuliers, telles sont les occupations sur lesquelles se rabattent le plus souvent des femmes diplômées ou ayant un très haut niveau d’études. Leur faute ? Celle de prendre librement la décision de se voiler.
« L’apparence physique reste le problème essentiel. Si elles veulent travailler, les femmes musulmanes voilées se voient obligées de retirer leur voile, or beaucoup de femmes restent attachées à leur pratique, qu’elles considèrent d’ailleurs comme une liberté » précise Horia Demiati. « Les entreprises ne nous acceptent pas avec le voile, donc on n’ose plus aller aux entretiens avec le voile car nous sommes dénigrées » ajoute-t-elle, évoquant l’exemple de cette avocate qui désormais, précise systématiquement dans son curriculum vitae qu’elle porte le voile, « pour ne pas perdre de temps et ne pas en faire perdre aux entreprises ». C’est cette situation que ne supportent plus les femmes du Comité interculturel des femmes de l’Essonne. Et comme l’union fait la force, ces femmes ont décidé d’unir leurs forces afin de mettre en place un « projet commun » visant à faire changer les choses, « car dans d’autres pays européens ou aux Etats-Unis, les difficultés rencontrées en France n’existent pas ».