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Economie

Le spectre de la guerre en Irak plane sur l'économie française

Rédigé par De presse Revue | Samedi 8 Février 2003

L'attente d'un conflit en Irak pèse sur l'économie française qui pourrait être pénalisée par une hausse du prix du pétrole et une baisse du dollar lors du déclenchement des hostilités, mais une guerre brève pourrait aussi soutenir la croissance. Dans l'immédiat, l'incertitude qui entoure la crise irakienne tend à paralyser les acteurs économique



L'attente d'un conflit en Irak pèse sur l'économie française qui pourrait être pénalisée par une hausse du prix du pétrole et une baisse du dollar lors du déclenchement des hostilités, mais une guerre brève pourrait aussi soutenir la croissance. Dans l'immédiat, l'incertitude qui entoure la crise irakienne tend à paralyser les acteurs économique.

Incertitudes internationales
Tout en y mettant les formes, le ministre de l'Economie et des Finances, Francis Mer, avait espéré en janvier que la crise irakienne serait 'traitée' rapidement. 'Le contexte international demeurera incertain tant que nous ne serons pas parvenus à un traitement, que j'espère pacifique, de la crise irakienne', avait-il lancé.
M. Mer avait en même temps 'redit (sa) confiance dans la capacité de notre économie, qui est fondamentalement saine et compétitive, à retrouver un rythme de croissance soutenu, dès lors que seront levées les incertitudes internationales'.
Le moral des chefs d'entreprise, bas depuis 2001, reflète cette attente. Leurs perspectives personnelles de production pour les trois mois à venir se sont détériorées notablement en janvier, ce qui 'reflète les incertitudes internationales', selon l'INSEE. Le moral des ménages a quant à lui chuté en janvier de cinq points d'un coup.
'Tant qu'on est dans ce climat attentiste, on ne peut avoir de franche reprise de l'économie', résume Michel Devilliers, responsable de la conjoncture à l'INSEE.
Dans ce contexte, les prévisions de croissance publiées par l'INSEE en décembre pour les deux premiers trimestres 2003 (respectivement +0,4% et +0,6%) risquent d'être abaissées. La Banque de France estime que la croissance du premier trimestre sera de 0,2%, la Caisse des Dépôts et Consignations de 0,3%.
Pour Emmanuel Ferry, de la société de bourse Exane, une prolongation de l'actuel statu quo aboutirait à une croissance d'environ 1% en 2003. Aujourd'hui, 'le coût d'une guerre est inférieur au coût d'une non-guerre', constate-t-il.L'hypothèse de l'enlisement d'un conflit en Irak, avec d'éventuelles 'représailles terroristes' et une contagion à l'ensemble du monde musulman, créerait une croissance à peine supérieure à 0,5% en France.

La guerre est-elle efficace pour la relance économique?
Selon M. Ferry, la conjonction d'un baril durablement cher et de l'appréciation de l'euro par rapport au dollar serait fatale 'à une demande interne déjà en train de se fragiliser et provoquerait une rechute des exportations'. Christel Rendu, de Morgan Stanley, redoute une 'récession mondiale' si le conflit s'éternise. Reste l'hypothèse d'une intervention rapidement victorieuse des Etats-Unis. Il en découlerait une appréciation du dollar 'bonne pour nos exportations', qui 'lèverait les incertitudes des industriels', selon M. Ferry. La croissance française atteindrait alors 1,5%. C'est le scénario privilégié par les économistes. 'Pour le marché, si les Américains vont en Irak, c'est qu'ils sont sûrs à 100% d'un succès rapide' estime Emmanuel Ferry.
Pour sa part, Sophie Garcia, du Centre d'observation économique, a calculé qu'une brutale hausse du pétrole suivie d'un retour rapide à des prix bas aurait une incidence négative limitée (notamment grâce à la proportion du nucléaire dans l'énergie française) de 0,1 point sur la croissance moyenne en 2003, puis une incidence positive de 0,2 point en 2004 et 2005. Cependant, reconnaît-elle, ces calculs 'ne tiennent pas compte de phénomènes psychologiques difficiles à quantifier'.





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