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Le sous-préfet de Dreux promet de meilleures conditions pour l’Aïd

Rédigé par Tahri Fatna | Lundi 7 Février 2005

Samedi 05 février à 14 heures, près d’un demi millier de manifestants se sont rassemblés devant la sous-préfecture de Dreux (Eure-et-Loir). Ce sit-in était organisé par un nouveau collectif dénommé Union des citoyens musulmans de l’agglomération drouaise (UCMAD). Après avoir observé une minute de silence, les manifestants munis d’un ruban noir en signe de deuil, crient à l’injustice et réclament réparation sous les fenêtres du sous-préfet. « On veut du respect ! » « Citoyens musulmans en colère ! » sont quelques-uns des slogans scandés par la foule au visage multi-ethnique.



Répondant à l’appel de l’UCMAD, environ 500 personnes de tous les âges, femmes et hommes, se sont rassemblés pour manifester leur mécontentement. 'Non ! à cet arrêté préfectoral imposé pour le jour de l’Aïd ' s’exclame Assia Neggaze venue manifester avec son bébé dans les bras. ' Nous avons deux fêtes dans l’année. Nous voulons les célébrer dans la dignité et le respect. Pour nous, ces fêtes sont aussi importantes que Noël et Pâques pour les chrétiens' explique-t-elle.

Smaïl, la trentaine, avoue avoir sacrifié son mouton comme le veut la tradition prophétique. Pourtant, il est présent par solidarité, 'pour dénoncer les humiliations' et d’expliquer que 'Quand on demande à une femme d’ouvrir son coffre parce qu’elle porte un foulard, c’est grave. Je suis choqué.' Nombreux sont ceux qui pointent du doigt le comportement des agents des forces de l’ordre. 'Une attitude discriminatoire…Ce manque de respect relève de la provocation envers les musulmans et leur fête' peut-on lire sur les tracts de l’UCMAD.

L’Aïd 2005 à Dreux, une fête amère

L’amertume générale est conséquente aux restrictions imposées par les autorités préfectorales. Selon les musulmans, les mesures prises cette année pour réglementer le sacrifice de l’Aïd dénaturent le caractère de la fête. Deux compagnies de CRS se sont déployée sur la ville pour vérifier les coffres des voitures 'sur des critères de faciès '. Des citoyens contrôlés sans ménagement. Une centaine de procès verbaux dressés le jour de la prière de l’Aïd. Pour toute la zone, une seule ferme fut habilitée à la vente des moutons à des milliers d’acheteurs. Ce monopole entraîna une déraisonnable hausse du prix du mouton allant jusqu’à 250 € la bête. Des pères de famille renoncèrent donc à l’achat du mouton pour célébrer cette fête familiale.

' Dans tout mal il y a un bien '

C’est de toutes ces vexations qu’est née l’Union des Citoyens Musulmans de l’Agglomération Drouaise. Kamel fait remarquer que 'dans tout mal il y a un bien. Ce que nous avons vécu lors de ce Aïd nous a permis de nous unir et de revendiquer nos droits par l’intermédiaire de la délégation envoyée par l’Union.'

En effet, la foule attendait dans la bonne humeur, la délégation de huit personnes, reçue à 14 heures 45 par le sous-préfet. Elle ressort vers 16 heures. Un porte-parole, Khaled Gouider crie plusieurs fois : ' positif !'. Les revendications sont prises en considération. Le sous-préfet s’engage pour que l’année prochaine, la fête de l’Aïd soit de nouveau empreinte de joie, de bonheur et qu’elle se déroule dans de bonnes conditions. Pas de police. Pas de monopole. Satisfaction. Ces bonnes nouvelles, rythmées par des cris de joie, réconfortent la foule qui ne regrette pas le déplacement. Aïcha Jabrane, membre de la délégation avoue qu’'il ne faut pas se démobiliser. Il faut une bonne organisation et montrer que nous sommes capables '. A. Jabrane finit par dire ' la balle est dans notre camp ! '






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