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Le procès des caricatures s’ouvre mercredi

| Lundi 5 Février 2007

Mercredi s’ouvrira le procès intenté par l’Union des Organisation Islamiques de France et la Grande Mosquée de Paris, contre le Charlie Hebdo pour avoir publier les caricatures de Mohammed, le prophète de l’islam.



La Grande mosquée et l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) poursuivent Charlie Hebdo pour « injures publiques envers un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une religion ». Le procès se tiendra mercredi et jeudi prochains devant le tribunal correctionnel de Paris.

Le tribunal correctionnel de Paris examinera les 7 et 8 février les poursuites visant particulièrement trois caricatures du prophète: un dessin de Cabu publié en une avec la légende « c'est dur d'être aimé par des cons » et deux dessins déjà publiés dans le journal danois Jyllands Posten en septembre 2005. L'un représente Mohammed portant un turban contenant une bombe, l'autre le prophète accueillant des kamikazes au paradis avec la légende « arrêtez, arrêtez, nous n'avons plus de vierges. » La publication de ces caricatures avait donné lieu à des réactions très violentes dans l'ensemble du monde musulman.

Dalil Boubakeur justifie son procès

« C'est une affaire de caricatures qui incitent au racisme », a dit Dalil Boubakeur lors d'une conférence de presse. « Ce ne sera ni le procès de la liberté d'expression, ni celui de la laïcité », a ajouté Me Francis Szpiner, son avocat. Dalil Boubakeur, également président du Conseil français du culte musulman (CFCM), s'est défendu de faire le jeu des intégristes. « Les musulmans souffrent et souffriront encore de l'intégrisme, adversaire de l'Islam », a-t-il dit. Il estime cependant que les dessins sont susceptibles « de jeter un sentiment de haine » sur tous les musulmans.

De son côté, Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris, et président du Conseil Français du Culte Musulman, estime que les caricatures du prophète Mahomet constituent « un véritable délit d'expression de la haine raciale ». Interrogé sur le fait de porter plainte contre Charlie Hebdo et pas contre France Soir qui avait également publié les caricatures, Dalil Boubakeur a répondu que France Soir était « dans sa mission d'information normale » alors que Charlie Hebdo était « dans la provocation ». L'avocat de la mosquée, Me Spizner, a souligné qu' « en ne contestant que deux des dix caricatures, on admet qu'on peut caricaturer le Prophète et que donc on n'est pas hostile à la liberté d'expression ». « Représenter Mahomet coiffé d'une bombe c'est dire à tous les musulmans et pas seulement aux intégristes : "Vous adorez un prophète vecteur d'attentats, de mort, de destruction, donc vous adorez la violence" », ajoute Boubakeur.

Charlie hebdo et son directeur Philippe Val, qui doivent tenir une conférence de presse mardi prochain, se défendent en invoquant la liberté d'expression et expliquent qu'ils n'ont pas voulu viser les musulmans mais les islamistes fanatiques. Ils ont cité comme témoins de leur défense le premier secrétaire du PS François Hollande et le candidat UDF à la présidentielle François Bayrou. L'initiative de Charlie Hebdo avait suscité une critique du président Chirac qui avait condamné une « provocation manifeste » susceptible à ses yeux « d'attiser dangereusement les passions ». Mais aussi de nombreux députés, qui voient dans l'insistance des publications françaises, voyant déjà l'effet des premières d'origines danoises, le jeu de la provocation.

« Ce n'est pas parce qu'on est journaliste, qu'au titre de la liberté d'expression, à laquelle on est tous attaché, on peut dire n'importe quoi et blesser les autres. » [déclarait à Saphirnews, Jean Marc Roubaud, député du Gard]article:3664 . « Ce que je reproche aux publications françaises, c'est qu'elles ne relèvent pas du domaine de la liberté d'expression, elles relèvent simplement du domaine commercial. Car ils ont copié purement et simplement ce qui avait été édité dans ce journal danois. Ils l'ont fait alors que les évènements avaient eu lieu, donc ils sont d'autant plus condamnables, qu'ils connaissaient les conséquences de ces parutions. » Ajoutait-il.

Sur les trois dessins visés par la poursuite, deux ont été publiés initialement en septembre 2005 dans un journal danois, qui avaient provoqué une vague de manifestations violentes dans le monde musulman et un boycott des produits industriels danois par plusieurs pays. Le troisième est l'oeuvre du journal français.

Pétition

Dans Libération, une pétition de soutient à Charlie Hébdo a été lancée, les signataires déclarent « refuser cet amalgame, facilité par l'utilisation abusive du mot 'islamophobie', consistant à confondre la critique légitime de l'extrémisme et du terrorisme instrumentalisant les symboles de l'islam avec du racisme à l'encontre des individus de religion musulmane. »

« Si Charlie Hebdo venait à être condamné, si l'autocensure généralisée devait faire jurisprudence, nous perdrions tous cet espace commun de résistance et de liberté. Pour ces raisons, nous soutenons Charlie Hebdo et le droit de continuer à critiquer toutes les religions sans exception », concluent-ils.

La pétition a déjà été signée notamment par Elisabeth Badinter, Claude Lanzmann, Pascal Bruckner, Dominique Sopo, Dominique Voynet et Corinne Lepage. Elle est aussi soutenue par SOS Racisme, la LICRA, le Grand Orient de France et le Syndicat national des journalistes.





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