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Economie

Le marché du transfert d’argent s’ouvre aux bureaux de tabac

MoneyGram fait de l’ombre à Western Union

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Samedi 12 Juin 2010

MoneyGram fait fort. Les migrants peuvent désormais compter sur quelque 2 500 bureaux de tabac pour leur fournir un nouveau service : celui du transfert d’argent, dont le marché est évalué à 8 milliards d’euros en France. Le nouveau partenariat conclu avec SRP MP-Bimedia et rendu public mardi 8 juin ouvre de belles perspectives pour MoneyGram. Western Union, qui domine le marché français, grince des dents.



Au nombre de 28 000, les bureaux de tabac, premier réseau de proximité, voient le transfert d'argent comme une diversification bien opportune de leur activité, à l'heure des lois anti-tabac draconiennes et de la crise économique.
Au nombre de 28 000, les bureaux de tabac, premier réseau de proximité, voient le transfert d'argent comme une diversification bien opportune de leur activité, à l'heure des lois anti-tabac draconiennes et de la crise économique.
Envoyer de l’argent depuis le bureau de tabac du coin est désormais possible. MoneyGram, numéro deux mondial du transfert d’argent derrière Western Union, a conclu un partenariat de cinq ans avec SRD MP et Bimedia, fournisseur de services à valeur ajoutée pour les buralistes et les kiosques de presse de France. De ce fait, MoneyGram espère développer son activité dans 2 500 bureaux de tabac d’ici à septembre 2010.

SRP MP, qui est le premier agent de MoneyGram non bancaire en France, « opérera en tant que super-agent et signera avec de nouveaux sous-agents en France », explique MoneyGram International dans son communiqué de presse. Présent à l’inauguration de ce service mardi 8 juin, Eric Besson, ministre de l’Immigration et partenaire de l’opération, s’est félicité de ce partenariat, indiquant que les transferts d’argent depuis la France représentent « une somme supérieure à notre aide publique au développement ».

Un pactole de 8 milliards d’euros

Le moins que l’on puisse dire, c’est que MoneyGram, qui a célébré l’ouverture de sa 200 000e agence dans le monde, a eu du flair. Avec 28 000 points de vente en France, les buralistes sont le premier réseau de proximité de France, qui draine à lui seul 10 millions de clients par jour.

MoneyGram peut, avant tout, dire merci à Bruxelles. Jusqu’en novembre 2009, les services de transferts d’argent n’étaient réservés, sur le continent européen, qu’aux seules institutions financières. La mise en vigueur de la Directive européenne des Services de Paiement (DSP) permet désormais à des établissements non bancaires de proposer des services de paiement.

Bien qu’on ne sache encore quel pourcentage MoneyGram attribue aux buralistes, cette nouvelle activité sera l’assurance, pour ces derniers, d’amener et d’attirer un nouveau public mais surtout de générer une nouvelle source de revenus aussi bien pour eux que pour la compagnie.

Le marché des transferts d’argent est évalué à près de 330 milliards d’euros dans le monde selon la Banque mondiale, dont 8 milliards en France, faisant de ce pays le 5e pays envoyeur au monde grâce à la présence de quelque 6 millions de migrants sur le sol français (soit 10 % de la population).

Sans surprise, les principales destinations des transferts au départ de l’Hexagone sont le Maghreb et l’Afrique francophone. Pour certains des États, l’envoi d’argent est même le premier pourvoyeur de devises étrangères et représente une part conséquente du PIB.

Mise à mal, Western Union contre-attaque

Jusque-là, MoneyGram avec ses 53 points de vente restait discret. Implantée en France depuis 1998, l'enseigne a dû attendre 2006 pour obtenir la licence bancaire qui lui a permis l’ouverture de sa première agence à Paris.

En décuplant sa présence dans les bureaux de tabac, la compagnie est bien déterminée à rogner des parts de marché à son concurrent direct Western Union, leader du marché qui jouit, depuis 1994, d’un partenariat exclusif avec la Banque postale. Cet accord lui a permis de s’implanter dans 6 000 agences en France.

Mais Western Union n’a pas dit son dernier mot. Elle a annoncé, début juin, la baisse de ses tarifs d’envoi d’argent allant jusqu’à 20 % vers l’étranger via la Banque postale. Cela suffira-t-il à rester compétitif face aux MoneyGram et autres nouvelles sociétés émergentes qui lorgnent sur le marché ?

Un comparateur de prix disponible

Devant la multiplication des offres, difficile pour les clients de s’y retrouver dans la jungle tarifaire. De plus, « le coût des transferts de fonds reste trop élevé, dépassant souvent 8 à 10% de la somme transférée, approchant même parfois 20% », a déclaré, le 20 mai dernier, M. Besson à l’occasion d’une rencontre avec les représentants de banques et d’opérateurs financiers.

Pour donner le choix aux clients, le ministre avait alors lancé le site envoid’argent.fr, qui couvre 21 pays et 12 établissements. Financé par son ministère, le site souhaite faciliter grandement la tâche des particuliers en comparant les prix des commissions. Allez-y, c’est permis (et même pour les sans-papiers !).

Le marché du transfert d'argent, bien supérieur à celui du halal, une manne pour l'économie française...






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