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Le mandat présidentiel de Laurent Gbagbo prolongé de 12 mois, contesté par la rébellion

Rédigé par La Rédaction | Mardi 1 Novembre 2005

C’est aux termes d'un plan de transition de l'Onu que le président Laurent Gbagbo reste à la tête de la Côte d'Ivoire malgré l'expiration de son mandat de cinq ans. Les rebelles, qui contestent la légitimité de cette solution, ont nommé leur propre Premier ministre.



Avec le maintien de Laurent Gbagbo au poste de Président, la Côte d'Ivoire se trouve dans une nouvelle impasse politique, même si les opposants du Président, qui avaient juré de le faire partir sous la pression de la rue après la fin dimanche à minuit de son quinquennat, n'ont finalement pas mis leur menace à exécution. Laurent Gbagbo, qui dirige le pays depuis sa victoire contestée à l'élection présidentielle de 2000, a rappelé le soir même lors d’ une allocution télévisée que " Le président de la République continuera à garantir la continuité de l'Etat ".

La présidentielle reportée

La présidentielle, qui aurait dû être organisée dimanche, a été reportée sine die en raison de la persistance de la crise politico-militaire que connaît la Côte d’Ivoire depuis la tentative de coup d’Etat opérée en septembre 2002, par une rébellion armée qui contrôle toujours la moitié nord du pays. C’est à cause de cette rébellion qui coupe le pays en deux et conformément à la Constitution qui a prévu ce cas de figure, Laurent Gbagbo reste à son poste.

Le chef de l’Etat a assuré que la Constitution ivoirienne le lui permettait et a évoqué la légitimité que lui confère la résolution récemment adoptée par le Conseil de sécurité de l'Onu, qui prévoit le prolongement de 12 mois de son mandat et la nomination d'un Premier ministre indépendant qui pourrait organiser des élections. " Je remercie le Conseil de sécurité de l'Onu et les grandes puissances de ce monde ", a-t-il déclaré.

Laurent Gbagbo a dit espérer qu'un scrutin serait organisé "bien avant" 12 mois mais a appelé au préalable les rebelles à déposer les armes et à consentir à l'unification du pays. Il a dit qu'un nouveau Premier ministre serait nommé "dans quelques jours".

Les rebelles désignent leur Premier ministre

Mais la prise de position de la rébellion contredit le plan de transition adopté par l'Onu. Selon la résolution 1633 du Conseil de sécurité de l'Onu, la désignation du Premier ministre, devra " exercer pleinement son autorité sur son cabinet ", risque de se révéler difficile et de devenir l'enjeu de luttes farouches entre camp présidentiel et opposition. D’ores et déjà, les rebelles des Forces nouvelles, notant que le mandat du président avait pris fin, ont nommé Guillaume Soro au poste de Premier ministre le chargeant de "constituer très rapidement (...) le gouvernement de réconciliation nationale". "Le mandat présidentiel de M. Laurent Gbagbo est vraiment fini", peut-on lire dans leur communiqué. M. Soro est cependant loin d'incarner la personnalité " acceptable pour toutes les parties " que décrit l'Onu pour occuper le poste.

" C'est moi qui signe le décret. Je ne signerai le décret de nomination que si le Premier ministre qu'on me propose est pour le salut de la Côte d'Ivoire ", avait souligné mi-octobre le président Gbagbo.




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