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Le général Poncet suspendu pour la mort d’un ivoirien lors de l’opération « Licorne »

Rédigé par La Rédaction | Jeudi 20 Octobre 2005

Le général Henri Poncet a été suspendu de ses fonctions pour avoir couvert le décès d’un ivoirien lorsqu'il commandait l'opération "Licorne" en Côte d'Ivoire, le 17 mai dernier. Le jeune homme serait mort victime de balles du côté français lors d’une manifestation pro-Gbagbo près de Bangolo dans l’ouest du pays.



Michèle Alliot-Marie, la ministre de la Défense, a pris la décision de suspendre le général Henri Poncet, ancien commandant des forces françaises en Côte d'Ivoire. "Si j'ai pris une telle décision conservatoire, c'est qu'elle apparaissait nécessaire au vu des premiers éléments résultant de l'enquête de commandement que j'avais demandée", a déclaré la ministre lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.

Le colonel Eric Burgaud, chef de corps au moment des faits et actuellement au 13e bataillon de chasseurs alpins (BCA) de Chambéry, ainsi que le sous-officier qui faisaient alors partie du dispositif Licorne sont également concernés par cette mesure de suspension. Les suspensions ont été prononcées pour "manquements graves à la loi, aux règlements militaires et aux ordres".

Les circonstances de la mort étaient tout autres

La force Licorne, commandé par le général Henri Poncet, a été envoyée en Côte d'Ivoire en 2002 pour s'interposer entre les troupes loyalistes et les rebelles des Forces nouvelles qui tiennent le nord du pays.

A l'époque, les faits ont été rapportés dans un communiqué: L'Ivoirien, "un dénommé Mahé, connu comme étant le chef d'une bande de coupeurs de route recherché pour plusieurs meurtres et violes avait "ouvert le feu en direction des éléments de la force Licorne". Ceux-ci, "en état de légitime défense, avaient riposté", indiquait le communiqué.


"Blessé très grièvement", le suspect avait été arrêté et était "mort des suites de ses blessures pendant son transfert à l'hôpital", ajoutait ce communiqué.


L'affaire n'a éclaté que mardi dernier, lorsque le chef d'état-major de l'armée de terre Bernard Thorette a reçu dans l'après-midi un appel d'un officier supérieur lui indiquant que les circonstances de la mort étaient tout autres, a expliqué une source militaire. Selon un document qui lui a été remis, les militaires français auraient «concouru à la mort (du jeune ivoirien), soit en ne lui portant pas assistance, soit par une action plus directe».

"les faits étaient suffisamment importants"

Mme Alliot-Marie a affirmé mardi que "les faits étaient suffisamment importants" pour qu'elle ait pris la décision de suspendre le général Poncet, ainsi que le colonel Eric Burgaud, chef de corps, et un sous-officier qui faisaient partie du dispositif à l'époque des faits. Ils ont été suspendus pour "manquements graves à la loi, aux règlements militaires et aux ordres", selon le ministère de la Défense.

"Le général Poncet est un militaire de grande valeur que j'ai soutenu en novembre 2004 au moment où la Côte d'Ivoire vivait ses moments les plus dramatiques. Pour autant, il est de mon devoir, lorsqu'il y a des manquements, de prendre des mesures", a-t-elle expliqué.

"Je crois que ces mesures sont également importantes pour l'image de nos armées et ce que fait la France en Côte d'Ivoire", a affirmé la ministre de la Défense.

En juillet dernier, 12 militaires français ont été condamnés à des peines allant de deux mois à un an de prison ferme pour avoir volé plusieurs centaines de milliers d'euros dans une banque ivoirienne un an plus tôt.





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