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Le double discours de Nicolas Sarkozy

| Lundi 19 Décembre 2005

En visite à Doha, Nicolas Sarkozy s’est fait interviewer par la chaîne qatarie Al Jazeera. Le ministre de l’intérieur français s’est joliment contredit en revenant sur les émeutes qui ont touché la France au mois de novembre dernier.



Nicolas Sarkozy sur Al-Jazira
Nicolas Sarkozy sur Al-Jazira
Nicolas Sarkozy s’est fait l’avocat des musulmans de France au cœur d’un pays islamique à la chaîne arabe qatarie. Quelques jours auparavant, en France cette fois-ci, Nicolas Sarkozy ne s’était nullement fait l’avocat de nos jeunes français de culture musulmane issus de la colonisation et de l’immigration, mais le défenseur acharné du philosophe Alain Finkielkraut.

Ce dernier avait déclaré au quotidien israélien Haaretz : « En France, on voudrait bien réduire les émeutes à leur niveau social. Voir en elles une révolte de jeunes de banlieues contre leur situation, la discrimination dont ils souffrent et contre le chômage. Le problème est que la plupart de ces jeunes sont noirs ou arabes et s’identifient à l’islam. Il y a en effet en France d’autres immigrants en situation difficile, chinois, vietnamiens, portugais, et ils ne participent pas aux émeutes. Il est donc clair qu’il s’agit d’une révolte à caractère ethnico-religieux. »







Nicolas Sarkozy avait alors défendu le philosophe au grand jury RTL-LCI-Le Figaro, affirmant que « M. Finkielkraut est un intellectuel qui fait honneur à l'intelligence française et s'il y a tant de personnes qui le critiquent, c'est peut-être parce qu'il dit des choses justes ».

Dans un entretien publié dans l’Express du 17 novembre 2005, Nicolas Sarkozy rapportait que « la polygamie et l’acculturation d’un certain nombre de familles font qu’il est plus difficile d’intégrer un jeune français originaire d’Afrique noire qu’un jeune Français d’une autre origine. » Rajoutant plus loin : « Je ne veux pas de l’ordre des mafias et je ne veux pas plus de l’ordre des barbus. Je veux l’ordre de la République ».

Changement de contexte, à Doha cette fois-ci. Sur Al Jazeera, il s’est présenté comme le défenseur invétéré des musulmans de France : « Je n'accepte pas l'amalgame entre l'islam et les terroristes et l'islam n'a rien à voir dans les émeutes urbaines qui ont secoué de nombreuses banlieues françaises en novembre ». Pour ajouter et finir plus loin dans l’entretien : « Ne mêlons pas l'islam, qui est une religion de paix, à des comportements qui sont des comportements de voyous. Je n'aime pas l'amalgame et je ne le pratique jamais ».





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