"Le fait que le cardinal secrétaire d'Etat soit le signataire de la lettre adressée au prince Ghazi au nom du Saint-Père est déjà le signe de la grande considération que Sa Sainteté accorde à cette lettre ouverte" a estimé le cardinal Jean-Louis Tauran, le président du Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux, jeudi soir 29 novembre au micro d'Hélène Destombes de Radio Vatican.
Pour le cardinal Tauran, "le socle sur lequel doit reposer le dialogue interreligieux" comporte "le respect effectif de la personne, la connaissance de la religion de l'autre, l'échange de l'expérience religieuse, et la tolérance mutuelle en ce qui concerne la liberté de religion". La "réunion de travail" évoquée par la réponse du Pape aux 138 dignitaires musulmans devrait, toujours selon le cardinal Tauran, permettre d'échanger, entre autres sujets, autour des "droits de l'homme" et de "ce fameux principe de la réciprocité" qui devrait permettre aux chrétiens vivant dans des pays à majorité musulmane de disposer de lieux de culte.
Précisons que début novembre déjà, et avant la réponse officielle du Pape Benoît XVI, l'Institut pontifical d'études arabes et islamique (PISAI) avait publié un commentaire de la lettre des 138 dans lequel ils estimaient que leur "fréquentation relativement longue et assidue du patrimoine culturel et religieux de l'islam" leur permettait de "remarquer la nouveauté de ce geste" et "d'attirer l'attention des non-musulmans sur sa qualité". Le PISAI a de plus souligné le fait que les 138 signataires "ne se réfugient pas dans un pro domo revendicatif de l'oumma, mais se situent, au contraire, comme partenaires de l'humanité pour laquelle ils proposent leur façon de concevoir les fondements et les principes reconnus aussi par d'autres communautés."