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Le Mossad déplace les frontières d’Israël en Syrie

Rédigé par Ammar B. | Mardi 28 Septembre 2004

« L’assassinat de Ezzedine Al-Cheikh Khalil porte la signature du Mossad ». Les services secrets israéliens sont accusés de l’attentat perpétré ce dimanche à Damas contre un des leaders du Hamas. Le Cheikh Khalil, 40 ans, est mort dans l’explosion de sa voiture. Trois passants ont été blessés. Israël ne confirme pas, il ne dément pas non plus. « Je ne peux pas confirmer ou démentir, tout ce que je peux dire c'est que je ne regrette pas ce qui est arrivé » explique Gidéon Ezra, ministre israélien de la Sécurité intérieure.



' L’assassinat de Ezzedine Al-Cheikh Khalil porte la signature du Mossad '. Les services secrets israéliens sont accusés de l’attentat perpétré ce dimanche à Damas contre un des leaders du Hamas. Le Cheikh Khalil, 40 ans, est mort dans l’explosion de sa voiture. Trois passants ont été blessés. Israël ne confirme pas, il ne dément pas non plus. ' Je ne peux pas confirmer ou démentir, tout ce que je peux dire c'est que je ne regrette pas ce qui est arrivé ' explique Gidéon Ezra, ministre israélien de la Sécurité intérieure.

La Syrie, nouvelle base arrière du Hamas

Trois milliers de personnes ont participé aux obsèques de Ezzedine Al-Cheikh Khalil hier lundi. L’explosion de sa voiture a eu lieu le dimanche matin, à Al-Zahira, quartier sud de Damas, proche du camp de réfugiés palestiniens (Yarmouk). Un communiqué du ministère de l'Intérieur syrien qualifie l’acte d’' attentat à la voiture piégée '. Trois passants ont été blessés par l’explosion.

Cheikh Khalil était l’un de ces cadres du Hamas qui ont choisi de mener leur lutte sur le champ politique en résidant en dehors de leur pays. Expulsé en 1992, par le gouvernement de Yitzhak Rabin vers le Liban, il avait la possibilité de rentrer en Palestine à la faveur des accords d’Oslo. Nombre de ces dirigeants extra-muros du Hamas avaient élu domicile en Egypte ou en Jordanie. Mais ils ont dû quitter ces pays en raison de leurs relations avec Israël. La Syrie qui n’a pas signé d’accord de paix avec Israël a continué à les accueillir. De ce fait, Damas est régulièrement accusé par Israël d’être une base arrière de terroristes palestiniens mettant en danger la sécurité d’Israël. Il y a un an, le 5 octobre 2003, l’armée israélienne a mis ses menaces à exécution en attaquant le camp de Ein Saheb, à 22 km de Damas.

Ces dernières semaines, alors que la Syrie, sous la pression américaine, a symboliquement retiré quelques-uns uns de ses soldats stationnés à la frontière entre le Liban et Israël, le gouvernement Sharon avait intensifié ses accusations et ses menaces contre Damas. Selon le quotidien Le Monde, Khaled Mechaal, actuel leader politique du Hamas, aurait même quitté Damas pour curieusement se réfugier au Caire.

Quand chacun riposte à la riposte de l’autre

L’assassinat de Cheikh Khalil intervient peu après une double attaque-suicide menée par le Hamas à Beershevaa (18 morts). Commentant cette opération particulièrement virulente, le vice-ministre israélien de la Défense, Zeev Boïm, avait évoqué la possibilité de ' lancer des opérations à condition de bien choisir ses cibles et le moment approprié, afin que les Syriens comprennent qu'il y a des limites à ne pas franchir '. Cette logique consistant à ' riposter à chaque riposte' avait été adoptée par Israël pour l’attaque du 5 octobre 2003 sur la Syrie. A cette occasion, c’était Mlle Hanadi Tayssir Jaradat, 27 ans, élève avocate, dont le frère et le fiancé avaient, tous les deux, été tués par l’armée israélienne qui avait mené une opération puissante tuant 21 personnes et blessant 55.

De son côté, le Hamas a placé son attaque à Beershevaa sous le sceau de la riposte pour venger la mort de Cheikh Yassine et Abdel Aziz Al-Rantisi. Et il ne fait de doute que le choix israélien de tuer un leader palestinien quelques jours après moment l’attaque de Beershevaa, se présente comme une ' riposte ' à la riposte palestinienne.

Comme pour boucler ce cycle de ripostes successives, le Hamas promet de se venger l’assassinat de Cheikh Khalil.

Le Hamas ne compte pas exporter ses actions

Après avoir pris la décision de tuer Ismaël Abu Chanab puis Abdel Aziz Al Rantisi et le patriarche Cheikh Yassine dans son fauteuil roulant, au petit matin, au sortir de la mosquée, force est de constater que M. Sharon ne rêve pas paix. Ces trois homicides stratégiques, comme bien d’autres commis en Palestine, ont été revendiqués par l’armée israélienne. Certains politiques s’en sont régulièrement et publiquement félicités. Le Premier ministre Ariel Sharon avait déclaré avoir lui-même dirigé l’opération contre le Cheikh Yassine avant de congratuler les soldats qui y ont participé.

Pourtant, M. Sharon comme les membres de son gouvernement gardent un profil bas pour revendiquer l’attentat contre Cheikh Khalil. Car depuis trente ans, cet attentat israélien est le premier du genre contre un leader palestinien en dehors des terres occupées par l’armée israélienne. En septembre 1997, une tentative assez rocambolesque du Mossad avait échoué contre Khaled Mechaal à Amman. Des agents du Mossad s’étaient introduits en Jordanie avec le projet d’approcher M. Mechaal, le droguer et le ramener incognito en Israël. Mais ces agents israéliens avaient été démasqués et capturés par les services jordaniens qui leur accordaient toute confiance et collaboration en vertus des accords entre les deux pays. Contre leur libération, le Hamas avait obtenu, entre autre, la mise en liberté du Cheikh Yassine alors emprisonné en Israël.

Pour Sami Abou Zuhri porte-parole du Hamas à Gaza, l'assassinat de Cheikh Khalil est ' une tentative des Israéliens d'étendre la zone d'agression contre le peuple palestinien depuis les territoires palestiniens à l'étranger '. Le risque est d’amener le Hamas à opérer sa riposte sur des cibles israéliennes hors d’Israël. Mais un communiqué du bureau politique du mouvement situé à Beyrouth, cité par l’AFP, montre le contraire : ' Il n'y a aucun changement jusqu'à présent dans la politique (du Hamas) de mener le combat et d'affronter l'agression sioniste sur notre peuple '.

Avant de tomber sous le tir des missiles israéliens, le Cheikh Yassine avait réussi à convaincre les dirigeants de son mouvement à ne pas exporter leur conflit. L’opération du Mossad en territoire syrien ne semble pas avoir affecté cette stratégie de conduite.





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