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Le Koweit s'intéresse à l’intégration des communautés musulmanes d’europe

Rédigé par Fouad Bahri | Mercredi 24 Mai 2006

Vendredi 26 mai, à l’initiative du ministère koweïtien des affaires islamiques (Awqaf), quelques 140 chercheurs et responsables communautaires de 25 pays européens se retrouveront, à huit clos, à l’hôtel Shératon de Londres, pour débattre de l’image de l’islam en occident et de la question de l’intégration des communautés musulmanes d’europe.
L’enjeu de cette rencontre est de taille. Il s’agira d’apaiser les relations interreligieuses et interculturelles européennes, secouées par d’interminables campagnes médiatiques qui auront laissées des traces (11 septembre, loi contre le voile à l’école, guerre en Irak, affaire des caricatures…).
Les questions du vivre ensemble et de la possibilité de pratiquer sa foi en paix, seront également posées.



Le Koweit s'intéresse à l’intégration des communautés musulmanes d’europe
Comment sortir de l'image repoussante et très négative de l'islam, telle qu'elle est présentée régulièrement par les médias européens, sans renoncer pour autant à vivre sa foi ?

C'est à cette difficile et épineuse question que devront s'atteler, trois jours durant, les nombreux chercheurs et représentants associatifs et communautaires, invités à Londres vendredi 26 mai, par les autorités koweïtiennes.

Un évènement très attendu, après les brasiers suscités par la publication des caricatures danoises du Prophète. Reprises dans de nombreux journaux européens, on se souvient que ces caricatures avaient enflammé le monde musulman, entraînés plusieurs appels au boycott et quelques incidents diplomatiques entre les pays scandinaves et les pays musulmans.

Quelques mois plus tard, on observe précisément l'intérêt suscité, en Europe, par la question de la tolérance religieuse, du vivre ensemble ou du multiculturalisme. De plus en plus de conférences, évènements et manifestations culturelles ou scientifiques, voire politiques, sont organisés sur tous ces thèmes, tant au niveau national qu'européen.

Médias et diversités

On peut citer à titre d'exemple, l'Institut français Panos qui mène un travail de fond sur la question des médias de la diversité. Un programme de sensibilisation sur cette question, intitulé Médiam'Rad, est d'ores et déjà mené en Italie et au Pays-Bas. Il devrait bientôt s'étendre à la Belgique, le Royaume-Uni, la Suède, l'Allemagne, l'Espagne ou encore le Portugal.

La thématique est donc bien d'actualité. On aurait pourtant pu attendre de ce genre d'évènement qu'il soit organisé par des structures européennes, politiques ou civiles. On pourrait être surpris, en effet, de voir le Koweït porter la casquette d'organisateur, pays peu loquace au niveau international et dont le nom reste principalement associé à l'épisode malheureux de la guerre du Golfe.


Mais ce serait alors ignorer que le Koweït a été l'un des pays du Golfe les plus investis dans les rencontres internationales sur la question de l'islam.
La conférence sur le dialogue culturel et religieux, parrainée par Copenhague, au lendemain de l'affaire des caricatures, avait vu la présence de nombreux dignitaires religieux, avec parmi les chefs de file, le célèbre prédicateur koweïtien, Tareq al-Suweidan. La rencontre de vendredi peut d'ailleurs se comprendre comme une volonté diplomatique d'apaisement avec les pays occidentaux.

Plus récemment, une étude menée en Europe par les services d'états koweïtien, a montré la récurrence et la profondeur des représentations négatives sur la question de l'islam.

D'après cette étude, citée par les organisateurs, « la représentation des arabes et musulmans varie selon le media choisi, mais est fréquemment stéréotypée et négative. En France, 51% des personnes interviewées expliquent qu'elles n'ont qu'une très faible voire aucune connaissance concernant l'Islam, et 3/4 des interviewés pensent que les médias décrivent les musulmans et l'Islam correctement, seulement la moitie du temps, alors que plus d'un tiers déclarent qu'ils sont exposés de manière limitée en matière d'information sur l'Islam. »
D'où l'importance de cette rencontre.

Où sont les musulmans de France ?

Parmi la délégation française, il faut signaler la présence de cadres religieux proches de l'UOIF tel que le docteur Tahar Mahdi. Des responsables de la direction de cette fédération devraient également faire le voyage.
Interrogé sur ses motivations, le Dr Mahdi estime que « cette conférence (…) permettra de nous accorder sur nombre de problèmes clés auxquels les communautés musulmanes d'Europe font face. Ceci nous aidera à communiquer sur la réelle nature modérée de l'Islam. Les enseignements de cette conférence aideront la communauté musulmane française à mieux s'intégrer et participer à la vie du pays ».

Seul bémol : la participation de médias musulmans français n'a pas été prévue au programme. Une gageure assurément considérable au regard de l'importance numérique de la communauté musulmane de France et des problématiques liées à l'islamophobie, qui se sont développés ces dernières années, dans l'hexagone.

Les organisateurs sont, pour leur part, optimistes sur cette rencontre. D'après Mutlag Al Garawi, du ministère koweïtien des affaires islamiques, « l'Islam peut contribuer de façon tout à fait positive à la société européenne, ce qui serait à l'avantage des musulmans comme des non-musulmans… Cette conférence représente une étape importante, et doit nous permettre de trouver des passerelles entre musulmans et non musulmans en Europe, mais également au-delà. Nous cherchons avant tout à mettre en place des actions positives. »





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