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La réforme de l'université dans le collimateur des syndicats

| Mercredi 20 Juin 2007

Présenté hier mardi, l’avant-projet de loi sur l’autonomie des universités a provoqué un tollé chez les syndicats étudiants et de l’enseignement supérieur. Bruno Julliard, président de l’organisation étudiante UNEF, prévoit « une rentrée très offensive » et dénonce une « provocation inacceptable ».



Bruno Julliard, président de l'UNEF
Bruno Julliard, président de l'UNEF
« Les grandes lignes de cette réforme sont connues: conseils d'administration […] limités à 20 membres dont une forte part de nommés, renforcement des pouvoirs des présidents d'universités pour recruter les personnels, moduler les rémunérations, les charges d'enseignement, pour disposer du patrimoine immobilier, diversifier leurs financements en développant des partenariats avec les acteurs économiques. […] Cette loi ouvrirait la porte au désengagement de l'Etat et à la remise en cause des missions des organismes nationaux de recherche publique, menacés d'être transformés en agences de moyens » écrivaient vendredi 15 juin dernier les syndicats FSU, CGT, UNSA et UNEF dans un communiqué commun.

Ils estiment par ailleurs que la « prétendue 'autonomie' renforcée risque de faire reculer l'expression collégiale de la démocratie, de faire exploser le statut des personnels et le service public d'enseignement supérieur et de recherche. Ces orientations tournent le dos aux besoins de la société, aux aspirations des étudiants et des personnels », déplorant le fait que « le calendrier retenu ne permet ni un débat sur les contenus et les priorités d'une réforme de l'université, ni une véritable négociation avec la communauté universitaire et les organisations syndicales. […] Les mesures en préparation ne font l'objet d'aucun consensus global ».

C’est pourquoi, ces mêmes syndicats demandaient dans leur communiqué « solennellement que la loi ne soit pas soumise dans la précipitation au cours de la prochaine session parlementaire exceptionnelle au mois de juillet ».


Présenté mardi par la ministre de l‘Enseignement supérieur et de la Recherche, l’avant-projet de loi sur l’autonomie des universités a donc provoqué des réactions négatives en chaîne de la part des syndicats et organisations d’étudiants.

La FSU, premier syndicat enseignant, estime que « ce texte fait exploser les cadres disciplinaires en matière de recrutement des enseignants-chercheurs. Il multiplie la précarité des emplois. Il introduit la sélection à l'entrée du master. Il étouffe la démocratie universitaire dans des instances réduites ».

Pour Bruno Julliard, de l’UNEF, « c'est une douche froide pour nous, d'abord parce que depuis un mois, on s'est engagé de manière très volontaire, très positive, et constructive pour négocier une loi. On a fait de nombreuses propositions et on nous présente une loi bâclée dans un calendrier qui cache mal un passage en force du gouvernement ». « La loi est dangereuse. Elle va accroître les inégalités puisque chaque université pourra décider de son périmètre de compétences » a-t-il ajouté, prévenant : « Nous préparerons une rentrée très offensive dans les universités. On a montré récemment qu'on pouvait faire échec à une loi déjà votée ».

Valérie Pécresse estime pour sa part « qu’on n'a que trop attendu. D'Allègre à Lang, tout le monde est d'accord sur la nécessité d'une réforme depuis quinze ans ».




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