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La politique de Sharon confortée par le veto américain à l'ONU

Rédigé par Zaïri Rachid | Mercredi 17 Septembre 2003

Au Conseil de sécurité de l'ONU, en dépit d'intenses efforts diplomatiques, les Etats-Unis ont mis mardi soir leur veto à un projet de résolution exigeant la non-expulsion de Yasser Arafat. Le projet de résolution a reçu 11 voix 'pour', dont la France, la Russie et la Chine, une 'contre', celle des Etats-Unis, et trois abstentions (Bulgarie, Allemagne et Grande Bretagne).



Au Conseil de sécurité de l'ONU, en dépit d'intenses efforts diplomatiques, les Etats-Unis ont mis mardi soir leur veto à un projet de résolution exigeant la non-expulsion de Yasser Arafat. Le projet de résolution a reçu 11 voix 'pour', dont la France, la Russie et la Chine, une 'contre', celle des Etats-Unis, et trois abstentions (Bulgarie, Allemagne et Grande Bretagne).

 

Ce projet de résolution, présenté par la Syrie et le Soudan, «exigeait qu'Israël, la puissance occupante, s'abstienne de procéder à la déportation et cesse toute menace à la sécurité du président élu de l'Autorité palestinienne». John Negroponte, l'ambassadeur des Etats-Unis à l'Onu (représenté sur la photo) a expliqué avoir opposé son veto car le projet de résolution ne spécifiait pas les menaces que posaient des mouvements comme les Brigades d'Al-Aqsa ou le Hamas, le principal mouvement palestinien. C'est la 77e fois depuis la création des Nations Unies que les Etats-Unis font usage de leur droit de veto et la plupart d'entre eux ont été mis à des projets de résolution sur le Proche-Orient et condamnant Israël.

 

11 voix 'pour', trois abstentions et une seule voix 'contre', celle des Etats-Unis

 

Dominée par des économies militarisées, la société internationale est engagée dans une phase régressive du point de vue des fondements juridiques et politiques de ce qui aurait pu être une communauté internationale. Son attitude dans le conflit israélo-palestinien est emblématique de cette situation.

 

Alors que le conflit du Proche-Orient connaît une nouvelle recrudescence de tensions, le cabinet sécuritaire de Sharon avait pris jeudi dernier la décision de principe de se «débarrasser» de M. Arafat, considéré comme «un obstacle à la paix», des hauts responsables n'écartant pas l'option d'une liquidation physique du dirigeant historique palestinien.

 

Un projet de résolution soutenu par des pays arabes et exigeant d'Israël qu'il n'exile pas le président palestinien Yasser Arafat, et qu'il ne lui fasse aucun mal a donc été soumis, mardi 16 septembre, au Conseil de sécurité des Nations unies. La décision a été prise, lundi 15 septembre dans la soirée, au terme d'une journée de débats animés au cours de laquelle plus de quarante représentants se sont exprimés pour condamner la décision du cabinet de sécurité d'Ariel Sharon de se débarrasser d'Arafat.

 

Les Etats-Unis ont mis, mardi soir, leur veto au projet de résolution exigeant qu'on ne 'déporte' pas Yasser Arafat. Ce projet de résolution, présenté par la Syrie et le Soudan, a reçu en sa faveur onze voix, dont celles de la France, de la Russie et de la Chine, contre un seul 'non', celui des Etats-Unis. Trois pays (la Bulgarie, l'Allemagne et la Grande-Bretagne) se sont abstenus.

 

Le projet 'exigeait qu'Israël, la puissance occupante, s'abstienne de procéder à la déportation et cesse toute menace à la sécurité du président élu de l'Autorité palestinienne'. Il indiquait également que le Conseil 'exprime son appui sans réserve aux initiatives du Quartet et demande de redoubler d'efforts pour assurer la mise en œuvre de la 'feuille de route' par les deux parties'.

 

De vives réactions à l'échelle internationale

 

Yasser Arafat a minimisé le veto américain au Conseil de Sécurité de l'Onu. Le président de l'Autorité palestinienne a été soutenu aujourd'hui par une délégation d'intellectuels et d'artistes à Ramallah en Cisjordanie. 'Nous ne sommes pas ébranlés par une résolution qui vient d'un endroit ou un autre' a déclaré le président palestinien. 'Nous sommes plus importants que n'importe quelle résolution.' 'Le silence international ne nous fera pas faiblir'.

De leur côté, des responsables palestiniens et des pays arabes ont dénoncé une partialité de Washington, considérant même que les Etats-Unis donnaient ainsi un feu vert à Israël pour poursuivre les agressions anti-palestiniennes voire un permis de tuer Yasser Arafat.

 

Le ministre chargé des négociations Saëb Erakat, a estimé que le veto mis par les Etats-Unis au projet de résolution arabe exigeant qu'Israël n'expulse pas le dirigeant palestinien Yasser Arafat constituait «un jour noir» pour l'Onu.

«C'est un jour noir dans l'histoire de l'Onu et des Arabes. «Les Etats-Unis fournissent une protection à l'Etat d'Israël, et fait preuve de tolérance vis-à-vis de lui, en le traitant comme un Etat au-dessus des lois», a déploré M. Erakat.

 

Un responsable du Jihad islamique Mohammad Al-Hindi a lui aussi condamné le veto américain en estimant que cette décision «prouve que les Américains ne voient notre région qu'avec un regard sioniste». Selon lui, le vote américain à l'Onu va «encourager l'agressivité de l'ennemi sioniste».

 

 

 

Selon Nasser Al-Kidwa, observateur palestinien à l'ONU, 'de graves conséquences risquent de suivre l'utilisation de ce veto, et les Etats-Unis supporteront les conséquences de cela'. Les Etats-Unis ont perdu leur crédibilité en tant que 'honnête négociateur' dans le processus de paix. 'Le silence international ne nous fera pas faiblir'.

La France a «déploré» mercredi le veto opposé la veille par les Etats-Unis au projet de résolution sur le Proche-Orient soumis au vote du Conseil de sécurité de l'ONU. Ce texte condamnait notamment toute tentative visant à expulser Yasser Arafat.

«Nous déplorons l'issue négative du vote au Conseil de sécurité sur le projet arabe de résolution sur le Proche Orient», a déclaré Cécile Pozzo di Borgo, porte-parole du Quai d'Orsay. Ce texte adressait aux deux parties «un message équilibré susceptible à nos yeux de rassembler le consensus», a-t-elle souligné. «Outre l'exigence d'un arrêt immédiat et sans condition des actes de violence et de terrorisme et un appel au soutien au Quartet et à la mise en oeuvre de la 'feuille de route', ce projet de résolution demandait la révocation de la décision israélienne d'expulser le président Arafat.» «Comme l'immense majorité des autres pays qui ont lancé un appel à Israël à revenir sur cette décision, la France réitère cet appel», a ajouté la porte-parole.

 

Gunther Pleuger, l'ambassadeur d'Allemagne, qui s'est abstenu, s'est déclaré 'déçu' en estimant que 'les résultats de ce vote donnent un mauvais signal' et risquent d'accroître 'les risques de déstabilisation'.

 

Quelque 200 à 300 personnes ont manifesté mercredi matin devant la représentation diplomatique de l'Autorité palestinienne à Rabat leur soutien au 'président Yasser Arafat' menacé d'expulsion par le gouvernement israélien, a constaté sur place l'Associated Press.

 

John Negroponte, l'ambassadeur des Etats-Unis à l'Onu a expliqué avoir opposé son veto car le projet de résolution ne spécifiait pas les menaces que posaient les mouvements comme les brigades d'Al-Aqsa ou le Hamas. 'Israël connaît déjà le sentiment de la communauté internationale à propos de M. Arafat', a-t-il ajouté. 'Nous pensons que M. Arafat est une partie du problème mais nous pensons que ce problème sera mieux résolu par l'isolement diplomatique', a-t-il encore dit.

 

Par ailleurs, un responsable du cabinaet d'Ariel Sharon, qui a demandé à garder l'anonymat, s'est félicité du veto américain. «C'est une décision positive qui va encourager les modérés dans les deux camps», a-t-il affirmé.

 

C'est donc la 77e fois depuis la création des Nations unies que les Etats-Unis font usage de leur droit de veto et le précédent, le 20 décembre 2002, avait été opposé à un autre projet de résolution condamnant Israël. Si les Etats-Unis ont mis leur veto, 11 des 15 membres du Conseil de sécurité ont voté en faveur du projet et trois se sont abstenus: la Grande-Bretagne, l'Allemagne et la Bulgarie.





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