Cette étude a été menée de pair par deux chercheurs du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), Fabien Jobard et René Lévy, et l’Open Society Institute, une fondation privée américaine dont le but consiste à promouvoir la gouvernance démocratique et les droits humains.
Les résultats ont été établis à l’issue, d’une part, de l’observation, entre octobre 2007 et mai 2008, des caractéristiques des personnes passant sans se faire arrêter (37 000 au total) avec celles qui se sont fait contrôler (profil ethnique, âge, sexe et tenue) ; d’autre part, du décodage de 525 contrôles d’identité effectués sur cinq sites parisiens autour de la gare du Nord et de Châtelet.
Outre l’appartenance à une minorité visible, le port de vêtements associés aux « cultures jeunes » (gothique, punk, hip hop, rasta, etc.) augmente le risque d’être contrôlé. Alors que les personnes habillées typiquement « jeune » constituent 10 % de la population disponible sur les lieux, elles sont 47 % à avoir été contrôlées. Les deux tiers d’entre eux étaient issus de minorités visibles.
Considéré comme un acte de prévention contre les délits et les crimes, le contrôle d’identité vise à fouiller un suspect. Être Noir, Arabe ou habillé « jeune » serait, pour un certain nombre de policiers français, des indices étroitement liés au risque de commettre des infractions. La décision de contrôler les personnes en fonction de l’apparence physique est discriminatoire.
Pour lutter contre cette pratique, facilitée, selon l’étude, par « un cadre juridique permissif », une série de recommandations ont été émises à l’intention des autorités politiques et policières.