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La police dans les lycées « les plus exposés à la violence » : « une bonne idée » ?

| Mercredi 21 Décembre 2005

Après l’agression au couteau d’une enseignante dans un lycée professionnel d’Etampes dans l’Essonne, le ministre de l’Education nationale Gilles de Robien remet sur la table la proposition d’une présence éventuelle de la police à l’école. Et soulève un tollé dans tous les milieux. Seul vole à son secours le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy pour qui la présence de la police « serait une très bonne idée ».



Gilles de Robien
Gilles de Robien

Propositions

Selon son époux, l’enseignante agressée et frappée de plusieurs coups de couteaux dans un lycée professionnel d’Etampes (Essonne) se serait plainte à sa hiérarchie et aurait à plusieurs reprises signalé des menaces d’agressions proférées à son encontre. Face au malaise suscité par l’agression, le ministre de l’Education nationale Gilles de Robien a fait trois propositions. « On a trop longtemps tergiversé sur la présence de la police aux abords des établissements scolaires, à l'intérieur des établissements : l'école est un lieu de la République qui doit assurer une sérénité pour l'enseignement », a-t-il déclaré, faisant resurgir ce sujet récurrent de la présence policière à l’école. Le ministre de l’Education nationale souhaiterait aussi mettre en place à l’entrée des lycées des portiques de détecteurs de métaux, estimant qu’ « on ne peut exclure les moyens modernes ». Enfin, troisième proposition du ministre, la préparation des enseignants « à faire face aux situations de tension » ainsi qu’à « à l'exercice de l'autorité dans la classe ».


Tollé

Au Parti Socialiste comme à l’UDF, au sein des syndicats de la police comme de ceux de l’Education nationale, partout c’est la levée de boucliers. « Ce sont des solutions qu'on ne peut pas accepter de pérenniser ou d'imaginer » a estimé François Hollande, le premier secrétaire du PS, tandis que François Bayrou, président de l’UDF s’est insurgé contre « l'idée qu'on résoudrait les problèmes de violence dans les établissements scolaires en mettant des policiers dans chaque établissement », « une idée vaine » selon lui. L’idée d’une présence de la police dans les lycées dits sensibles paraît tout simplement « inacceptable » pour l’UNSA-police. Quant à la puissance Fédération syndicale unitaire (FSU), premier syndicat enseignant, Gérard Aschieri, son secrétaire général, a déclaré : « C’est beaucoup d’idéologie et peu d’efficacité ».


"Une très bonne idée"

Pourtant, envers et contre tous, le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy a pris, sur les ondes de RTL, la défense de son collègue de l’Education nationale. « Il me semble qu'avoir, quelques demi-journées par semaine, un policier référent qui serait à la disposition des familles, des jeunes et des enseignants, policier qui pourrait être formé spécialement, ce serait une très bonne idée. Je suis tout à fait prêt à ce que nous l'expérimentions » a-t-il estimé. « On ne peut pas laisser un certain nombre de fonctionnaires de l'enseignement seuls face au déchaînement de la violence » a-t-il poursuivi.

Pour la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), il s’agit d’ « une politique du tout sécuritaire où, à chaque incident, ces choses-là ressurgissent parce que le traitement social est complètement évacué ».





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