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La formation, préalable à un dialogue 'éclairé, ferme et franc'

Le dialogue avec l'islam au programme de la conférence épiscopale

Rédigé par Assmaâ Rakho Mom | Jeudi 8 Novembre 2007

Du 3 au 8 novembre se tient à Lourdes la Conférence des évêques de France, réunis en assemblée plénière. Outre l'élection du nouveau président et des vices-président, scrutin qui a vu arriver à la tête de l'Eglise de France Mgr André Vingt-Trois, archevêque de Paris, la conférence épiscopale s'est aussi penché sur la question relative aux "catholiques et musulmans dans la France d'aujourd'hui", un groupe de travail mené par Mgr Michel Dubost, évêque d'Evry, dans l'Essonne.



Mgr Michel Dubost, évêque d'Evry (Essonne)
Mgr Michel Dubost, évêque d'Evry (Essonne)

Se former

"Comment une église peut-elle être prête au dialogue éclairé, lucide ?" C'est la question que pose Mgr Dubost et à laquelle il répond en deux temps : "se former" et avoir "un dialogue ferme, franc, mais amical", en demandant par exemple "que la liberté de changer de religion soit clairement dite".

Initié il y a dix ans déjà, le groupe de travail relatif au dialogue entre catholiques et musulmans se réunit deux fois l'an : une fois au printemps, en mars, afin de faire le point à mi-parcours, et une autre fois en novembre afin de se concerter et de définir les grandes lignes d'actions et de réflexions.

Hier mercredi 7 novembre, les évêques rassemblés à Lourdes se sont encore une fois penchés sur le sujet "catholiques et musulmans dans la France d'aujourd'hui", insistant aussi bien sur les évolutions qu'a connu la présence musulmane en France depuis dix ans que sur les "défis à relever ensemble".

Père Christophe Roucou, directeur du SRI
Père Christophe Roucou, directeur du SRI

Contexte nouveau

Selon le Père Christophe Roucou, le directeur du Secrétariat pour les relations avec l'islam (SRI) contacté par Saphirnews, les évêques auront travaillé en "trois temps". Au cours d'un exposé, Mgr Michel Dubost a présenté à l'assemblée ses convictions et orientations, puis les évêques se sont répartis des thèmes à débattre (dialogue avec l'islam, mariage interconfessionnels, relations avec les pouvoirs publics, etc.), avant enfin d'en arriver à une synthèse des débats et à une feuille de route regroupant les propositions et observations.

"Devant les évolutions de l’islam en France et les répercussions de ce qui se déroule dans le monde musulman, retransmis en particulier par les médias, nous constatons que des craintes voire des peurs se développent parmi les citoyens français et plus particulièrement parmi les communautés catholiques et certains de leurs pasteurs ou agents pastoraux", peut-on lire dans le document de travail transmis aux journalistes.

Dans ce contexte nouveau, la question centrale résidait alors dans le fait de savoir "comment continuer à promouvoir l’attitude évangélique de rencontre et de dialogue avec tous, et parmi eux les musulmans et, dans le même temps, répondre aux craintes".

Un constat s'imposait d'abord et il clairement été établi par les évêques de France : les musulmans en France sont passés du statut d'immigré à celui de citoyen à part entière pour "plus de 50%" d'entre eux. A partir de là, "les musulmans représentent un enjeu électoral pour les responsables politiques locaux qui, du coup, prennent des initiatives d’ordre 'interreligieux'", sans oublier qu'une "représentation institutionnelle", le CFCM, "se met en place avec difficultés".

Par contre, le groupe de travail qui se penche sur les relations entre catholiques et musulmans a déploré le fait que, même si les "groupes de dialogue islamo-chrétiens se multiplient", le dialogue se fasse souvent avec des "chrétiens de plus de 60 ans", alors que dans le même temps, les "jeunes catholiques ne sont pas préparés à ce dialogue". D'où la nécessaire formation, à l'islam comme au christianisme.

S'agissant des propositions concrètes, le Père Christophe Roucou nous a précisé par exemple celle de former les chrétiens, et surtout les plus jeunes, afin qu'ils puissent rencontrer les musulmans, celle aussi de discuter avec les musulmans et d'arriver à un accord sur la manière de présenter le catholicisme.

A ce propos, M. Roucou a aussi souligné le fait que la lettre signée par 138 dignitaires et autres intellectuels musulmans et envoyée aux chefs des Eglises, dont le Pape Benoît XVI, à l'occasion de la fête de rupture du jeune (Aïd el Fitr) a été durant la conférence distribuée à tous les évêques. Elle devrait par ailleurs faire l'objet d'une réponse, à la demande du Vatican, par l'Institut pontifical d'études arabes et d'islamologie (PISAI) qui y travaille.

Enfin, intitulée "vivre ensemble une réalité irréversible", un message a été transmis par le penseur algérien spécialiste en relations internationales et dialogue des cultures Mustapha Chérif aux évêques de France, un message libre de consultation puisque disponible sur le site de ce dernier (www.mustaphacherif.com).





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