Les services bancaires islamiques se sont pourtant, dès les années 70, développés sur les marché du Moyen-Orient et d'Asie du Sud-Est, la Malaysie constituant sur ce plan un précurseur dans la région. Ces dernières années, ne se bornant plus aux seules activités de crédit, la finance islamique étend également sa sphère d'activité en dépassant largement les frontières des états musulmans. "Des pays aussi importants sur le plan économique que le Japon, le Royaume-Uni et la Chine pensent sérieusement à renforcer la place de la finance islamique sur leur marché domestique, renforçant d'autant la crédibilité de ce phénomène", constate le rapport de Moody's Investors Services.
Et l'Afrique dans tout cela ? Selon Moody's, elle compte 37 institutions financières islamiques pour une population musulmane s'élevant à 412 millions d'habitants. Pour Anouar Hassoune, l'auteur du rapport sur la finance islamique en Afrique, le PIB moyen par habitant s'y élève "seulement à 1 137 dollars US en 2007. Toutefois, compte-tenu du fait que l'Afrique abrite la deuxième population musulmane la plus importante au monde, la taille absolue de sa production économique a atteint 469 milliards dollars US l'an dernier". "Ce montant n'est pas négligeable puisqu'il égale le PIB cumulé de l'Arabie Saoudite et des Emirats arabes unis, deux des principales économies du monde musulman", précise M. Hassoune.