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La fin d'une trêve assassinée

Rédigé par Bamba Amara | Vendredi 22 Août 2003

L’armée israélienne a tiré cinq roquettes hier jeudi, contre Ismaïl Abu Chanab, 53 ans, membre fondateur du Hamas. Le dirigeant palestinien est mort ainsi que ses deux gardes de corps. 14 personnes ont été blessées dont quatre dans un état grave. Considéré comme un sage et un fervent partisan du dialogue, Abu Chanab n’appartenait pas à l’aile militaire du mouvement. Selon le Hamas, cette opération de l’armée israélienne met un terme à la trêve unilatérale décrétée le 29 juin par les mouvements palestiniens. Ce raid de l’armée israélienne intervient deux jours après une opération suicide à l’explosif menée par Raed Abdel Hamed Mesk, 25 ans, enseignant, habitant à Hébron et militant du Hamas.



L’armée israélienne a tiré cinq roquettes hier jeudi, contre Ismaïl Abu Chanab, 53 ans, membre fondateur du Hamas. Le dirigeant palestinien est mort ainsi que ses deux gardes de corps. 14 personnes ont été blessées dont quatre dans un état grave. Considéré comme un sage et un fervent partisan du dialogue, Abu Chanab n’appartenait pas à l’aile militaire du mouvement. Selon le Hamas, cette opération de l’armée israélienne met un terme à la trêve unilatérale décrétée le 29 juin par les mouvements palestiniens. Ce raid de l’armée israélienne intervient deux jours après une opération suicide à l’explosif menée par Raed Abdel Hamed Mesk, 25 ans, enseignant, habitant à Hébron et militant du Hamas.

Les défaillances d’une trêve unilatérale

Le kamikaze, déguisé en juif ultra orthodoxe, s’était mêlé à la foule des fidèles juifs revenant du mur des lamentations pour se glisser dans un bus avant de faire exploser la charge qu’il portait sur lui. Bilan: 21 morts et plus d’une centaine de blessés. Le même jour, dans un tract distribué à Hébron le Hamas révèle les sympathies de Raed pour le mouvement. Mais depuis Gaza, Abdel Aziz Rantisi, chef politique du Hamas, déclare : '  nous sommes engagés dans la trêve. J’ignore quels sont ceux qui ont mené cette action '. C’est dans un appel téléphonique à l’Associated Press que le Jihad islamique revendique l’attaque comme ' une réponse à la mort de Muhammad Sidr ', son leader de Hébron tué dans un raid israélien le 14 août. Le Jihad avait promis de se venger. 'Ce qui est arrivé à Hébron est une grosse violation du cessez-le-feu. Pour le moment, le Jihad y est toujours lié mais cela ne signifie pas que nous ne nous vengerons pas de cette violation' avait déclaré Muhammad al-Hindi, haut responsable du Jihad islamique.

La trêve avait été unilatéralement décrétée le 29 juin par le Hamas et le Jihad islamique rejoints par les autres mouvements palestiniens. Elle entendait l'arrêt des opérations kamikazes contre les cibles israéliennes conformément à ' la feuille de route ', le plan de paix proposé par le quartet Etats-Unis, Europe, Nations Unis et Russie. Les leaders palestiniens avaient par la suite fait savoir que malgré leur engagement, ils se vengeraient de toute attaque. Israël avait accueilli la trêve comme une ruse permettant aux mouvements de gagner du temps pour mieux organiser leurs opérations à venir. Mais, des pourparlers engagés entre Abu Mazen, le Premier ministre palestinien, et les dirigeants des mouvements prévoyaient de reconduire la trêve au bout des trois mois initialement annoncés.

C'est dans ce contexte que 350 prisonniers palestiniens furent libérés. Un geste reçu en Palestine avec beaucoup de déception (5% des détenus sont concernés). Yasser Arafat l’avait qualifié de ' poudre aux yeux '.

Le 8 août, l’armée israélienne faisait une incursion dans le camp de réfugiés d’Askar, près de Naplouse, tuant quatre palestiniens dont deux militants du Hamas. Le Hamas avait répondu par une double attaque suicide à Rosh Ha-Aïn (Israël ) et dans la colonie israélienne d’Ariel, fragilisant considérablement la trêve du 29 juin. Les espoirs restaient permis car les discussions au sommet se poursuivaient et amorçaient des avancées notables. L’armée israélienne était sur le point de retourner en Israël en levant le bouclage de Gaza, de Kalkilia et Ramallah. Cette information fut rendue publique peu après le raid sur Hébron qui a coûté la vie à Muhammad Sidr. Agé de 28 ans, le leader du Jihad islamique avait auparavant échappé à deux missiles lancés sur sa voiture en décembre 2001. Son neveu de trois ans ainsi qu’un adolescent de 13 ans furent tués. Une douzaine de personnes dont le père du bébé furent blessées. L’attaque suicide menée ce mardi 19 août à Jérusalem par Raed Abdel Hamed Mesk, membre du Hamas, pour le compte du Jihad islamique fut la riposte à la mort de M. Sidr.

La colonisation est une forme de terrorisme

Selon le schéma habituel, l’armée israélienne a dynamité la maison familiale du kamikaze à Hébron au lendemain de son opération. Les forces israéliennes ont aussi pénétré, durant la nuit, dans les villes de Jénine et de Naplouse, en Cisjordanie (à la recherche d’activistes). Elles ont mené un autre raid dans le camp de réfugiés de Tulkarem, en Cisjordanie: deux adolescents (15 et 16 ans), Saïd Ghanem et Islam Ghanem, deux frères, furent tués. A Gaza, un hélicoptère israélien a tiré cinq roquettes contre la voiture de Ismaïl Abu Chanab, dans le quartier de Rimal, à environ 300m du bâtiment abritant des locaux des Nations unies. Le leader du Hamas est mort sur le coup ainsi que ses deux gardes du corps.

Ismaïl Abu Chanab était un des responsables politiques des plus modérés du Hamas dont il a participé à la création en 1987. Né à Al Djeyeh, dans le sud d'Israël, il était igénieur de formation et avait étudié en Egypte et aux Etats-Unis. Lorsque le chef spirituel du mouvement, le Cheikh Ahmed Yassine, fut emprisonné en 1989 par les israéliens, Abu Chanab avait assuré l'intérim. Un rôle qui lui vaudra dix années de prison en Israël. Père de onze enfants et homme de dialogue, il était connu aujourd'hui comme le porte-parole, secondant le chef politique Abdel Aziz Rantisi sur qui l’armée israélienne a tiré cinq roquettes le 10 juin dernier sans pouvoir l’atteindre.

Depuis sa nomination au poste de Premier ministre, Abu Mazen avait tenu plusieurs réunions avec Ismaïl Chanab autour de la trêve en vu de soutenir la 'feuille de route'. Selon ses amis du Hamas, Ismaïl Chanab était ' un homme d'une grande sagesse, qui ne ménageait pas ses efforts pour parvenir à une unité palestinienne '. Pour Ismaïl Haniyé, haut responsable du Hamas, ' En assassinant Abu Chanab c’est le cessez-le-feu qu’on assassine '.

A l'annonce de la mort de Ismaïl Chanab, le chef du département politique (Affaires étrangères) de l'OLP, Farouk Kaddoumi, dans une lettre ouverte, adressée à George W. Bush, à l'UE et au secrétaire général de l'ONU écrit : ' Comment un gouvernement ou une autorité palestinienne pourraient-ils empêcher dans les circonstances actuelles un palestinien, de se venger, pour lui, mais aussi pour son peuple et de vouloir en finir avec le siège et la misère dont il est l'objet ? Avant de lier la résistance noble (du peuple palestinien) avec le terrorisme, ordonnez plutôt au colonisateur israélien de retirer ses forces de notre terre … La colonisation est, elle-même, une forme de terrorisme '





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