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La discrimination positive

Rédigé par El abed Fatima | Jeudi 4 Décembre 2003

Le débat sur la 'discrimination positive' est lancé. Dans un contexte où les pouvoirs publics paraissent craindre la montée des communautarismes qui bat son plein à travers l’actualité et les récents événements. L'un des moyens de créer l’égalité des chances souhaitée pour certaines catégories de la population qui souffrent d'un handicap réel ou supposé est une politique engagée. Cesser de se cacher derrière des grands projets sans résultats. Dans le cas de la discrimination positive, il s’agit de « laisser » la place forcer le passage à ceux que l’on met systématiquement de côté sur le plan de l’emploi, des études…



Le débat sur la 'discrimination positive' est lancé. Dans un contexte où les pouvoirs publics paraissent craindre la montée des communautarismes qui bat son plein à travers l’actualité et les récents événements. L'un des moyens de créer l’égalité des chances souhaitée pour certaines catégories de la population qui souffrent d'un handicap réel ou supposé est une politique engagée. Cesser de se cacher derrière des grands projets sans résultats. Dans le cas de la discrimination positive, il s’agit de ' laisser ' la place forcer le passage à ceux que l’on met systématiquement de côté sur le plan de l’emploi, des études…

Casser les habitudes
De même que pour l'aide au logement ou à l’emploi, les incitations à l'emploi des chômeurs de longue durée, cette action se traduit par la volonté de ' casser ' une habitude, montrer que ces personnes existent, qu’elles font partie de la société et qu’elles y participent comme tout autre citoyen.
Les interventions publiques sont généralement discriminantes parce qu'elles visent à compenser un handicap objectif et réel. On est alors obligé d’intervenir par ce moyen mis en place qui ne le sera jamais spontanément.
Reconnaître que le groupe ethnique, la 'race' ou la religion peuvent constituer des 'handicaps' convient à corriger par une discrimination positive: il existe des moyens juridiques de combattre les discriminations 'ethniques' et 'raciales' qui devraient être utilisés avec une détermination bien plus grande qu'aujourd'hui. Et pourtant les condamnations pour discrimination raciale sont en nombre très limité en France. Actuellement, la France ne se sent pas ' attaquée ' quand on s’en prend à un Arabe ou à un Noir.

Pourtant il est nécessaire que la société se mobilise en faveur des populations de certaines zones urbaines sensibles. Plus que de générosité ou de faveur, il s’agit avant tout de corriger des inégalités moralement inacceptables qui agissent directement sur le bien-être de l'ensemble de la population. Ces inégalités qui ont été sinon créés du moins encouragées par ces mêmes acteurs politiques à travers leur volonté de ne pas mélanger les populations. Ce sont eux qui ont poussé les populations à la ' ghettoïsation ' désormais reconnue dans certains endroits.

Les dégâts du label Beur
La lutte contre les discriminations permet de faire avancer le progrès social. Elle favorise le progrès pour tous. C’est alors que l’on peut vivre avec les libertés de chacun dans un cadre connu sans favoriser telle ou telle population.

La marche des enfants issus de l’immigration a tiré la sonnette d’alarme en criant ' stop '. Elle a montré leur existence. Partie de Marseille le 15 octobre, avec quelque dizaine de jeunes, la marche est arrivée à Paris le 3 décembre, où 100 000 personnes ont défilé 'pour l'égalité et contre le racisme'
Une délégation a été reçue à l'Elysée par François Mitterrand, marquant la reconnaissance de cette génération. La marche a été la première grande manifestation de la jeunesse issue de l'immigration dans l'espace public français. La France a pris conscience qu'une partie de sa jeunesse était d'origine maghrébine.
La gauche a su ouvrir les portes de l'Elysée aux marcheurs, elle a récupéré le mouvement avec SOS-Racisme, qui aujourd’hui joue un rôle mineur dans les vrais débats pour l'évolution de cette situation. Le constat est que l’on a été incapable d’ouvrir les portes des mairies par la suite.

La plupart des élus, de gauche comme de droite, ne connaissaient pas ces populations car ils ne vivaient pas en banlieue. Le jeune issu de l'immigration est davantage montré comme un cas social que comme un citoyen. Avec la montée du chômage et de l'extrême droite, les jeunes ont rapidement été perçus comme un 'problème'. L'étiquette de 'Beur' a ainsi fait beaucoup de dégâts.
Ces 'jeunes' sont aujourd’hui des acteurs économiques. Ils sont aussi des électeurs. Ce sont des réalités que les politiques ne pourront pas ignorer plus longtemps. L’on ne pourra plus les oublier et oublier leurs problèmes une fois les élections passées.





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